Régionales 2021 en Pays de la Loire : l'analyse du scénario possible du premier tour par le politologue Arnauld Leclerc

Les 20 et 27 juin prochains, nous voterons pour élire le ou la président.e de la Région des Pays de la Loire. C'est l'une des rares régions où le scrutin reste incertain, avec 8 candidats au premier tour et des alliances déjà annoncées pour le second tour.

Avec notre politologue Arnauld Leclerc, Professeur de Sciences politiques à l'Université de Nantes, nous revenons sur le débat des régionales diffusé sur France 3 Pays de la Loire le 9 juin.

Ce débat était animé par Christine Vilvoisin, rédactrice en chef adjointe de France 3 Pays de la Loire et Virginie Charbonneau, journaliste et présentatrice du 19/20 avec la participation de Julie Le Duff rédactrice en chef de France Bleu Maine.

Une donnée pourrait bien faire la part belle à un candidat, c'est l'abstention. Elle devrait avoisiner les 50 % et elle bénéficie toujours à un candidat qui sait mobiliser son électorat.

Selon Arnauld Leclerc, "historiquement, les électeurs sont distants des élections régionales et départementales. En fonction de la structure des votants (nombre de personnes âgées ou de jeunes), la répartition des votes sera complètement modifiée".

Qui sont les candidats ?

Tout d'abord Christelle Morançais. Elle est la présidente sortante. C'est aussi la première femme à diriger la Région en 2017, grâce à Bruno Retailleau, élu en 2015, qui lui passe la main. Touché par la loi du non-cumul des mandants, il préfère une place de sénateur. Christelle Morançais fait donc sa première campagne politique avec la liste "Union de la droite et du centre" soutenue par Les Républicains.

Face à elle, trois hommes médiatisés.

Guillaume Garot, ancien maire de Laval, est le premier à s'être lancé dans la campagne en septembre 2020. Encarté depuis plus de 35 ans au Parti socialiste, il défend une écologie sociale, sous la bannière "Printemps des Pays de la Loire" soutenue par le Parti communiste.

Matthieu Orphelin, tête de liste de "l'écologie ensemble, solidaire et citoyenne" a claqué la porte de LREM en 2019 pour se rallier aux insoumis. Il prône la relocalisation et le développement des emplois verts.

François de Rugy, ex-président de l'Assemblée nationale, ancien ministre de la Transition Écologique, est poussé à la démission en juillet 2019, suite à une série de révélations de Médiapart sur son utilisation de fonds publics. Sa liste, "La région de tous les progrès", est soutenue par LREM.

Et puis il y a le Rassemblement national qui grignote du terrain à chaque nouvelle élection. Hervé Juvin, euro-député. Il se définit lui-même comme breton et identitaire, en tête de la liste "Pour une région qui vous protège".

Restent trois candidats qui comptent bien obtenir quelques sièges dans cette élection.

Eddy Le Beller, tête de la liste "Faire entendre le camp des travailleurs", soutenue par Lutte ouvrière, veut rendre le pouvoir aux salariés.

Linda Rigaudeau, sans étiquette aux commandes de la liste "Un nôtre monde Pays de la Loire". Elle entend remettre le citoyen au coeur de la démocratie.

Dernière liste, conduite par Cécile Bayle de Jessé, "Debout les Pays de la Loire", soutenue par Debout la France. Elle est souverainiste et opte pour une ligne le plus à droite possible.

Quelles sont les alliances possibles ?

Selon ce sondage exclusif France 3 Pays de la Loire, réalisé par IPSOS Sopra Steria, Christelle Morançais arriverait en tête du 1er tour avec 25 % des intentions de vote. Ex aequo, avec 19 % des intentions de vote, arrivent Matthieu Orphelin et François de Rugy.

Mais, le 20 juin au soir, s'ils sont qualifiés, le socialiste Guillaume Garot et l’écologiste Matthieu Orphelin ont déjà déclaré qu’ils devraient faire liste commune, ce qui permettrait à la gauche de remporter cette élection.

Cécile Bayle de Jessé a bien tenté des accords avec Pascal Gannat, ex candidat aux Régionales pour le Rassemblement national, et qui a quitté le parti mais elle a échoué.

Hervé Juvin, le candidat RN, lui, pense être la seule et unique alternative possible face "aux alliances qui se trament".

Quant à François de Rugy, il ne ferme pas la porte à Christelle Morançais et parle d'aventurisme. Mais il ne se prononce pas réellement tout comme la Présidente sortante.

Pour notre politologue Arnauld Leclerc, "elle va conduire un rassemblement et une fusion, et si elle ne le fait pas elle devra opter pour une position très centrale pour essayer de récupérer l'électorat".

Ces alliances pourraient bien rebattre les cartes au second tour.

Retrouvez également l'ensemble des vidéos de ces élections 2021 dans notre playlist Youtube ci-dessus (débats pour les départementales, pour les régionales, émissions spéciales de Dimanche en Politique...) Bon visionnage !

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