La Cité de la Gastronomie de Lyon ferme ses portes : quelles conséquences pour Dijon ?

La  Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon n’a pas résisté à la crise du Covid-19. Quelle incidence cette fermeture peut-elle avoir sur la Cité internationale de la gastronomie et du vin qui est en construction à Dijon ?
 

François Rebsamen  espère pouvoir ouvrir la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon en octobre 2021
François Rebsamen espère pouvoir ouvrir la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon en octobre 2021 © B.L.

Dijon, Lyon, Tours et Paris-Rungis ou le réseau des Cités de la Gastronomie

Dijon, Lyon, Tours et Paris-Rungis : ce sont les quatre villes qui constituent le réseau des Cités de la Gastronomie.
Ce réseau est un des engagements qui découlent de l’inscription du "repas gastronomique des Français" au patrimoine de l’humanité par l’Unesco en novembre 2010. 
Ces Cités de la gastronomie ont pour vocation de mettre en valeur le patrimoine alimentaire français à travers des équipements culturels.

La  Cité Internationale de la gastronomie de Lyon avait été inaugurée en octobre 2019. Situé dans le grand Hôtel-Dieu, au centre de Lyon, elle espérait accueillir 300 000 visiteurs par an. Mais, cette structure portée par la ville, la métropole et le mécénat n’a pas survécu à la crise du coronavirus.

 
Monsieur Paul, le pape de la gastronomie lyonnaise, accueillait le public à la Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon.
Monsieur Paul, le pape de la gastronomie lyonnaise, accueillait le public à la Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon. © Julien Sauvadon, F3RA


"Cette fermeture, c’était quelque chose d’attendu sur Lyon", explique François Deseille, 2e adjoint au maire chargé du dossier de la Cité Internationale de la Gastronomie de du vin de Dijon.

"Le directeur de la Cité avait été limogé au mois de février. Le groupe espagnol MagmaCultura, qui gère la Cité lyonnaise, a rencontré de très grosses difficultés suite au Covid. Mais, il y  avait déjà des difficultés conceptuelles dès le départ. Le coronavirus n’a fait qu’aggraver la situation. Il y aura certainement une réouverture sous une autre forme. Cela dit, est-ce que ce sera une des priorités de la nouvelle majorité municipale ? Je ne sais pas", ajoute l’adjoint au maire de Dijon.

"J’espère fortement qu’ils vont pouvoir rouvrir pour qu’on puisse avoir un réseau entre Paris, Dijon et Lyon. Tours, c’est un peu plus compliqué, car ce n’est pas dans le même axe. Mais, Paris Rungis-Dijon-Lyon, il y a une logique autour de la gastronomie. On pourrait imaginer des circuits touristiques comprenant ces trois cités."

 
La Cité internationale de la Gastronomie et du vin de Dijon devrait ouvrir à la fin de l’année 2021.
La Cité internationale de la Gastronomie et du vin de Dijon devrait ouvrir à la fin de l’année 2021. © Eiffage

 

La fermeture de la Cité de Lyon n’a pas d’incidence pour Dijon

"Ce n’est pas du tout le même projet entre Dijon et Lyon", précise François Deseille."A Lyon, c’était une énorme surface commerciale dans laquelle ils ont intégré la Cité de la gastronomie par la suite.

A Dijon, en revanche, tout a été pensé autour de la Cité de la Gastronomie. Tout est dédié à la gastronomie et à la promotion de la vigne et du vin. Et maintenant qu’on a vu les erreurs d’animation culturelle qu’ils ont pu faire à Lyon, on va tout faire pour ne ne pas les reproduire bien entendu."

L’ouverture de la Cité internationale de la Gastronomie et du vin est prévue à la fin d’année 2021 et les travaux avancent à vue d’œil.
"Malgré les recours intentés par l’opposition municipale et le confinement, on devrait rattraper le retard", indique l’adjoint chargé de ce dossier phare.


 




 
N’y a-t-il pas trop de projets autour de la gastronomie et du vin ?

Une Cité des vins et des Climats de Bourgogne est en cours de création.
Cet équipement pédagogique et ludique s’appuiera sur un réseau de trois cités : Beaune en Côte-d’Or, Chablis dans l’Yonne et Mâcon en Saône-et-Loire.

L’objectif est de valoriser l’inscription des Climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les concepteurs visent tous les publics, des simples amateurs aux fins connaisseurs. "Ce projet de Cité des vins et des Climats de Bourgogne s’inscrit pleinement dans les attentes du tourisme actuel"», disent-ils.


Du côté de la capitale des ducs de Bourgogne, on estime que tous les projets en cours dans la région ne sont pas comparables.
"La Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon, ce n’est pas du tout la même chose que les cités des vins de Beaune, Chablis et Mâcon, qui sont des projets montés par des associations de vignerons, alors que Dijon bénéficie d’un label délivré par l’Unesco", note François Deseille.

"Mais, on peut très bien travailler en partenariat avec eux. La route des Climats de Bourgogne commence à Dijon et va jusqu’à Beaune, il n’y a aucune raison de ne pas travailler avec eux" conclut le 2e adjoint au maire chargé des finances et de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon.




 
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