DATA. Municipales 2020 en Centre-Val de Loire : les leçons à retenir du second tour, en chiffres

Si La République en marche a subi une importante défaite en Centre-Val de Loire comme à l'échelle nationale, la poussée des écologistes et de la gauche a quelque peu achoppé dans la région.

Quels enseignements faut-il tirer du second tour des élections municipales ? Photo d'illustration
Quels enseignements faut-il tirer du second tour des élections municipales ? Photo d'illustration © Alexis Sciard / Maxppp
Le second tour des élections municipales 2020 a changé drastiquement le paysage de certaines communes. A Saint-Pierre-des-Corps, le bastion communiste est tombé, Tours est devenue verte, tandis qu'à Orléans, l'ère d'Olivier Carré a pris fin avec le retour pour la quatrième fois de Serge Grouard aux commandes.

Mais les chiffres du second tour sur l'ensemble de la région racontent aussi une autre histoire : celle de l'échec de la stratégie de LREM pour se maintenir dans les grandes villes, tout comme celle du Rassemblement national dans les agglomérations secondaires, malgré une abstention toujours forte.
 

La République en marche arrière

En amont du scrutin, la République en Marche avait publié la liste des 14 candidats investis ou soutenus pour les municipales. En tête de peloton figurait Laurence Hervé, ancienne maire-adjointe de Joué-lès-Tours, et membre de la première heure de LREM. A Tours, c'est l'universitaire Benoist Pierre qui a porté l'étendard d'Emmanuel Macron. Plusieurs maires sortants ont également courtisé le soutien du parti présidentiel dans les mois précédant l'élection, comme Olivier Carré à Orléans, ou le radical Pascal Blanc, à Bourges.

Mais on ne peut pas dire que ce soutien ait porté chance aux candidats LREM. A Joué-lès-Tours, Laurence Hervé a été battue, dès le premier tour, par le maire sortant Frédéric Augis. A Orléans, Olivier Carré est arrivé en troisième position du second tour et a décidé de démissionner. Quant à Pascal Blanc et Benoist Pierre, ils ont tout deux fait le choix, dans leurs villes respectives, de fusionner avec une liste de droite et ont fini sévèrement battus.
 

Le 28 juin, les seuls candidats soutenus par LREM à être élus sont donc Nicolas Bonneau et Mathieu Schlesinger, maires sortants de la Chapelle Saint-Mesmin et d'Olivet, ainsi que Thierry Boutard qui remporte la mairie d'Amboise.

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L'abstention toujours présente

Le premier tour des élections municipales a été le théâtre d'une abstention record, parfois de 20 % supérieure à celle de 2014, dans un contexte de confinement imminent. Le record parmi les grandes villes était alors détenu par Bourges, où à peine un tiers de électeurs a décidé de s'exprimer. Au second tour, cette abstention restait très présente dans certaines communes.

Christine Fauvelle-Aymard, maîtresse de conférence à l'Université François-Rabelais de Tours, voit dans cette faible participation "l'impact de la crise sanitaire" sur un public "à qui l'on a dit qu'il était dangereux d'aller voter", notamment les personnes âgées ou vulnérables. Autres facteurs d'explication, le fait qu'il "n'y a pas eu de campagne électorale, ou presque pas", et l'apparente certitude du résultat dans certaines communes. A Nogent-le-Rotrou, par exemple, où Harold Huwart a été élu assez largement au second tour, la participation a chuté de 5 points entre les deux tours.


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Le RN aux abois

Bien que l'abstention lui profite généralement lors des élections, le Rassemblement national est loin d'avoir réalisé un très bon score en région Centre-Val de Loire. Le parti de Marine Le Pen avait déjà eu du mal à constituer des listes, et avait renoncé à se présenter dans la plupart des grandes villes, espérant entrer progressivement dans le conseil municipal de plus petites communes.

Cela a été le cas à Vernouillet et Lucé, en Eure-et-Loir, où le candidat RN a décroché un unique siège, ainsi qu'à Romorantin-Lanthenay, dans le Loir-et-Cher. Presque partout ailleurs, le Rassemblement national a reculé, comme l'illustrent ces deux cartes de Franceinfo.
 

Après une campagne des municipales particulièrement rude, le scrutin s'achève donc sur une carte du Centre-Val de Loire largement redessinée. Si les écologistes ont échoué de peu à prendre la capitale de la région, ils ont néanmoins enlevé Tours, alors que le parti LREM a perdu presque partout. A deux ans de la prochaine échéance électorale, l'élection présidentielle, ces municipales uniques dans l'Histoire ont comme un air de répétition générale.
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