Résultats législatives 2022 : maintien de la macronie, poussée historique du RN, échec de la Nupes... comment a voté le Centre-Val de Loire

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Ce dimanche 19 juin, les électeurs ont voté pour le deuxième tour des élections législatives. Un scrutin marqué par une abstention record et une poussée historique de l'extrême-droite dans la région Centre

La majorité présidentielle confirme, le RN conquiert, la Nupes prend l'eau, et la droite fait ce qu'elle peut... le second tour des élections législatives s'est déroulé sans grande surprise ce dimanche 19 juin en Centre-Val de Loire. À l'exception d'Anthony Brosse, candidat Renaissance élu dans la 5e circonscription du Loiret, tous les candidats arrivés en tête au premier tour ont transformé l'essai. 

La majorité Ensemble surperforme

Au niveau national, la majorité d'Emmanuel Macron (Renaissance, MoDem, Horizons et Agir ensemble) s'est fortement érodée, n'empochant que 245 sièges. Soit 44 de moins que la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

En Centre-Val de Loire, c'est tout le contraire. À l'exception notable de Nadia Essayan (MoDem), éliminée dès le premier tour, et de Philippe Chalumeau (Renaissance) défait par la Nupes ce dimanche 19 juin, tous les députés Ensemble de la région sont parvenus à conserver leur siège.

Plus encore, avec les élections d'Anthony Brosse (à 11 voix près) dans le Loiret et de Christophe Marion en Loir-et-Cher, et avec le passage de l'UDI au MoDem de Philippe Vigier en Eure-et-Loir, Ensemble peut se targuer de gagner un siège en Centre-Val de Loire. En tout, 16 députés sont acquis à Emmanuel Macron sur les 23 que compte la région.

Un record en France : la majorité contrôle 70% des circos du Centre-Val de Loire, contre 67% dans les Pays de la Loire. Bien plus que la moyenne nationale, située à 42%. A l'opposé, Ensemble ne place que quatre députés en Outre-Mer. La macronie réalise son pire score dans les Hauts-de-France, ne remportant que 22% des sièges de la région (11 sur 50). 

Parmi les meilleurs résultats de la majorité dans la région, notons la MoDem Sabine Thillaye en Indre-et-Loire (59,1%), le Renaissance Guillaume Kasbarian en Eure-et-Loir (58,1%) ou encore le Horizons Henri Alfandari en Indre-et-Loire (57,2%). Le nouveau ministre de l'Agriculture Marc Fesneau est réélu en Loir-et-Cher avec 56,5%

Le Rassemblement national plus haut que jamais

Ici, la région suit bien la tendance nationale, le pays ayant élu 89 députés étiquetés Rassemblement national. Trois d'entre représenteront des circonscriptions du Centre-Val de Loire, à savoir les 4e et 5e du Loiret, ainsi que la 2e de Loir-et-Cher.

Une première depuis l'élection de Marie-France Stirbois en 1989 en Eure-et-Loir. Même pendant la législature de 1986-1988, durant laquelle le Front national disposait de 35 députés à l'Assemblée grâce à l'introduction de la proportionnelle, la région ne comptait aucun député identifié à l'extrême-droite.

Lors de ce deuxième tour, le RN a clairement chassé sur des terres de droite. La 4e circonscription du Loiret était ainsi le pré carré de Jean-Pierre Door (LR) depuis 2002, tandis que la 3e circo n'a connu que des députés du centre ou de la droite depuis 1993. Pareil pour la 2e de Loir-et-Cher, dont le sortant Guillaume Peltier avait été élu sous l'étiquette Les Républicains avant de rejoindre le mouvement d'extrême-droite Reconquête, initié par Éric Zemmour.

Dans la 2e de Loir-et-Cher et la 4e du Loiret, le résultat était d'ailleurs fortement pressenti, Marine Le Pen y ayant devancé Emmanuel Macron au deuxième tour de la présidentielle. Et si Roger Chudeau s'impose de peu face à la majorité présidentielle (51,07%) dans le 41, Thomas Ménagé, lui, fait carton plein à Montargis : 63,36% des suffrages exprimés, face à Bruno Nottin (PCF - Nupes).

L'extrême-droite n'est d'ailleurs pas passée loin d'avoir un quatrième député, en la personne de Valentin Manent, battu à 11 voix près par le candidat Renaissance Anthony Brosse dans la circo de Pithiviers, dans le Loiret. Une victoire si courte qu'un recours (et peut-être une annulation et une nouvelle élection) est à prévoir. 

Si le RN s'impose dans la région dans trois circos, une première, il n'atteint pas le rayonnement du parti dans les Hauts-de-France. Là-bas, l'extrême-droite a triomphé dans 44% des circonscriptions. À l'inverse, le RN n'est parvenu à s'emparer d'aucun territoire en Bretagne, dans les Pays de la Loire, en Corse ou encore dans les Outre-Mer. Il n'emporte également que deux des 97 circonscriptions d'Île-de-France.

La Nupes prend l'eau

Malgré ses bons résultats du premier tour, l'union de la gauche n'est pas parvenu à transformer l'essai. La Nupes échoue ce dimanche 19 juin dans 11 des 13 circonscriptions où elle s'était maintenue. Seuls Charles Fournier (EELV) à Tours et Nicolas Sansu (PCF) à Vierzon, les deux candidats de gauche arrivés en tête au premier tour en Centre-Val de Loire, obtiennent un siège. 

Dans la 4e circo du Loiret, la gauche enregistre même la pire défaite d'un candidat de la région, Bruno Nottin n'empochant que 31,45% des suffrages (moins d'une voix sur trois) face au RN Thomas Ménagé. Outre le cas Nottin et Nicolas Sansu dans le Cher, la Nupes s'est à chaque fois trouvé opposé à la majorité présidentielle. Cette dernière semble avoir largement profité du report de voix de la droite. 

Dans l'ensemble, les défaites de l'union de la gauche sont larges et incontestables, à l'instar de celle de Roxane Sirven (LFI), créditée de 42,84% en Touraine, ou encore Ghislaine Kunowki (PS), donnée à 42,79% dans le Loiret. Seul le socialiste Laurent Baumel, déjà député de la circo entre 2012 et 2017, peut se targuer d'une courte défaite. Un seul petit point et 400 voix (sur 40 000) le séparent ainsi de sa concurrente Fabienne Colboc, députée sortante Renaissance.

En tout, avec deux députés Nupes (moins d'un député sur 10), se classe dans les régions les moins à gauche de France. En queue de peloton, on peut citer Bourgogne-Franche-Comté (un député pour 27 circos) et Grand Est (quatre députés pour 49 circos). Au niveau national, la Nupes occupe 22% des sièges de l'Assemblée. L'Île-de-France est la région qui envoie le plus de députés de gauche : 43 sur un total de 97 circos franciliennes.

Les Républicains sauvent les meubles

La droite avait complètement coulé au premier tour en Centre-Val de Loire, éliminée dans 21 des 23 circos. Les seuls rescapés : Olivier Marleix en Eure-et-Loir et Nicolas Forissier dans l’Indre, tous deux estampillés Les Républicains.

Le député sortant de l’Indre se présentait d’ailleurs pour un sixième mandat, siégeant à l’Assemblée depuis 1993, avec une interruption entre 2004 et 2007, puis entre 2012 et 2017. Olivier Marleix, lui, siège depuis dix ans. Autant dire que la notoriété locale des deux hommes a pesé dans leur qualification au deuxième tour… et dans leur réélection, les deux parvenant à s’imposer face au Rassemblement national. Maigre consolation. 

Total : 2 circos sur 23 pour la droite, et quatrième force politique législative de la région. Un résultat qui fait pâle figure par rapport aux six circos détenues par l'union de la droite en Bourgogne-Franche-Comté, où Les Républicains gardent le statut de dauphin de la majorité présidentielle.

La participation augmente (un peu) en cinq ans

Lors de ce second tour, 875 192 électeurs se sont déplacés dans leurs bureaux de vote en Centre-Val de Loire, soit moins de la moitié des inscrits. L’abstention s’élève ainsi à 52,5%, soit plus de 2 points de plus que lors du premier tour. Elle est cependant en baisse par rapport à 2017 (54,92%), année où la région avait enregistré sa participation la plus faible pour des élections législatives.

Au niveau national, l’abstention est de 53,77%. En baisse de 3,6 points par rapport à 2017.

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