J'ai testé pour vous... donner mon sang pour la première fois

Au lendemain d'un appel d'urgence à venir compléter ses stocks de sang, l'Établissement français du sang (EFS) a connu un afflux de donneurs et donneuses. Y compris un reporter de France 3 Champagne-Ardenne : c'était sa première fois. Récit illustré.

Le mercredi 06 septembre 2023, un SMS un peu particulier a été reçu par Clément Pravaz, journaliste de France 3 Champagne-Ardenne. "Don de sang : urgence vitale, stock critique sur votre groupe sanguin. Nous avons besoin de vous à la Maison du don de Reims. Prenez RDV ici : efs.link/iMEAr".

Clément, bon journaliste qu'il est, nous a immédiatement prévenus. Naturellement, le service public incarné par France 3 Champagne-Ardenne a réagi via la publication d'un article pour relayer cet appel. Je l'ai écrit. Mais j'avais le sentiment de pouvoir faire plus...

Je fais partie de ces gens qui n'ont jamais donné leur sang. On n'a pas à les juger : il y a plein de raisons valables. Et on peut ne pas être "jouasse" à l'idée de se faire enfoncer une aiguille dans le bras pour se faire pomper un demi-litre de sang, même si c'est pour la bonne cause. Pour ma part, je me suis toujours pensé trop maigrichon pour pouvoir donner. Mais honnêtement, il y avait aussi une belle part d'excuses : pas le temps, autre chose à gérer, je verrai peut-être plus tard...

Ce sont toujours les mêmes qui donnent

Cet appel dû à une pénurie de sang O+ (suivi peu après par un appel aux donneurs et donneuses de B-) m'a mis devant le fait accompli. Si je ne le faisais pas maintenant, je n'allais jamais le faire. Il était temps de me retrousser la manche. Alors quand j'ai demandé les renseignements relatifs à l'article à la communication de l'Établissement français du sang (EFS), j'en ai profité pour suggérer que je pouvais peut-être en profiter pour venir donner pour la première fois, et raconter cette expérience dans un article. Parce qu'il y a sans doute pas mal de gens comme moi (voici où donner si vous ne vivez pas à Reims).

Il faut savoir que 4% de la population éligible donne son sang. C'est bien trop peu, ça pèse toujours sur les mêmes gens, et cela conduit à devoir multiplier les appels urgents à venir donner. Si la moitié de la population acceptait de donner son sang seulement une seule fois par an, toute pénurie ne serait qu'un lointain et désagréable souvenir. Actuellement, les réserves sont jugées stables si elles contiennent douze jours de stocks de sang (actuellement il n'y en a que sept pour le O et quatre pour le B) ; autrement, certaines transfusions doivent être évitées, voire certaines opérations chirurgicales reportées. C'est donc un fort enjeu d'intérêt public.

En route pour donner son sang

Jeudi 7 septembre. Mon bloc-notes est dans mon sac à dos, mon téléphone pour photographier dans mon sac à main (avec un encas, au cas où). On m'a invité à passer à 09h30 pour donner mon sang. Dans un premier temps, où dois-je me rendre ? Comme à peu près tout ce qui concerne la santé à Reims (Marne), il faut aller vers l'ouest : polycliniques Courlancy et de Bezannes, hôpitaux Debré et Maison Blanche... C'est ce dernier qui m'intéresse (le voir sur la carte ci-dessous).

La maison du don du sang de Reims se situe dans le quart nord-est de l'hôpital Maison Blanche. La Citura y fait passer ses lignes 7 (violette) et 40 (turquoise) de bus (arrêt Maison Blanche, tout simplement). Les personnes motorisées peuvent se garer gratuitement sur le parking de l'hôpital.

Quant aux cyclistes, dont je fais partie, il n'est pas bien compliqué de faire le trajet (qui me prend une vingtaine de minutes depuis les quartiers est rémois). Des bornes sont prévues juste devant l'entrée pour attacher son vélo.

À mon arrivée devant le portail du parking, un panneau routier indique que la maison du don du sang se trouve à droite. Je suis donc la direction... et me retrouve devant l'entrée des urgences pédiatriques de l'American Memorial Hospital. Je reconnais l'endroit : c'est là qu'une maman avait perdu son téléphone contenant les images de sa fille qui allait mourir. Elle avait lancé un appel pour le récupérer

Je sais donc où je suis, mais je sais surtout où je ne suis pas : il n'y a pas d'EFS ici. Je rebrousse chemin, et finis par comprendre que je dois rentrer sur le parking, et ensuite aller très légèrement à droite. Une grande porte cochère ouvragée me rappelle que cette partie du complexe hospitalier a été édifiée à la fin des années 20, après les ravages subis par Reims lors de Première Guerre mondiale.

Une fois les grilles de fer forgé passées, je débouche sur un joli petit jardin. J'ai une autre réminiscence : toutes les personnes qui s'y étaient rassemblées après le meurtre d'une infirmière par un déséquilibré. D'ailleurs, le procès de ce dernier doit débuter sous peu. C'est un peu le souci quand on est journaliste, on n'arrive parfois pas à détacher certains endroits des articles écrits sur des évènements qui y ont eu lieu... notamment les peu joyeux.

Bienvenue à la maison du don

Après une volée de marches directement sur la droite de l'entrée, je suis une petite terrasse menant à une porte vitrée. Et je fais mon entrée officielle au sein de l'EFS. Vu l'accueil qui m'est fait au comptoir, il semblerait que je sois attendu. La secrétaire à l'accueil me fait remarquer qu'elle a intérêt à très bien accomplir son travail. Je lui souris en lui expliquant que je suis sûr que ce sera le cas.

Pendant qu'elle se prépare pour la première partie de ma visite, je regarde autour de moi (et j'utilise le distributeur de gel hydroalcoolique). Les lieux sont grands, propres, lumineux, assez modernes. Et frais, ce qui est agréable vu le cagnard qui sévit déjà dehors. Des jolies compositions florales ont été disposées sur le bureau d'accueil. Et un présentoir permet d'emprunter un livre le temps de son don.

C'est parti. La secrétaire me demande ma carte d'identité, puis mon nom, mon prénom, mon adresse, mon numéro de téléphone et une adresse de messagerie... C'est classique. "Ça nous permet de créer un dossier national. Comme ça, si un jour vous voulez donner à La Réunion, vous pourrez." Bon à savoir, même si ce n'est pas dans mes plans. Puis viennent quelques questions en guise de prolégomènes.

  • Êtes-vous majeur ?
  • Êtes-vous allé chez le dentiste hier ?
  • Avez-vous pris des médicaments récemment ?
  • Avez-vous pris de l'aspirine il y a peu ?
  • Venez-vous de faire un tatouage ou un piercing ?
  • Avez-vous pratiqué une coloscopie ?

Je réponds non à tout (sauf pour les plus de 18 ans, sinon France Télévisions aurait deux trois soucis au niveau du droit du travail). La dame (au demeurant fort gentille) m'explique que je vais m'asseoir à côté pour remplir un questionnaire sur papier, puis qu'on viendra me chercher pour répondre à quelques questions orales basées sur ce document. "Si tout est bon, on vérifiera votre hémoglobine" au moyen d'une minuscule piqûre au bout du doigt. Puis le prélèvement de sang durera une dizaine de minutes, suivies par "au moins vingt minutes" de repos dans l'espace de collation. Tout est très clairement et simplement expliqué.

Je m'installe donc dans l'un des fauteuils à gauche du comptoir. À noter qu'on m'a remis une petite bouteille d'eau, dont la contenance équivaut à peu près à la quantité de sang qu'on va me prendre. Il est donc important de la consommer important avant la fin. Et comme je suis un véritable puits sans fond, on ne doit pas vraiment me forcer : je la siffle en quelques secondes.

Examen médical

Le questionnaire comporte une quarantaine de questions. Elles concernent ma santé (par exemple un rendez-vous médical récent ou une éventuelle vaccination contre le tétanos), mes déplacements (naissance en Amérique du Sud, voyages récents dans des zones sujettes au paludisme). Comme toujours quand je dois remplir un questionnaire, cela m'amuse un peu et je réponds de bon cœur. Avec tant d'emportement que sans faire exprès, j'indique n'avoir jamais été enceinte dans la partie réservée aux femmes. On ne sait jamais, après tout.

On s'enquiert aussi de mon éventuelle consommation de drogue, du nombre de mes partenaires sexuels... Je ne vais évidemment pas donner les réponses dans cet article potentiellement lu par des millions de personnes, y compris mes collègues et ma maman. Mention à la question me demandant si je me prostitue : eh bien non, même si certains semblent penser le contraire, ça ne fait pas partie des missions du journaliste.

J'ai mis tellement de temps à remplir le questionnaire et lire les différents dépliants que la secrétaire m'a remis que la médecin qui est passée me voir l'a fait quand je n'en étais encore qu'au tiers. Elle revient finalement me chercher, et nous allons dans son bureau. Elle vérifie mon identité, notamment ma date de naissance, et parcours rapidement mon questionnaire.

Puis elle me repose certaines des questions écrites, mais en plus précis. Tous les pays où je suis allé durant les quatre derniers mois (un mois sur le questionnaire), et les raisons de mes consultations médicales des quatre derniers mois. Rien de bien méchant. Bien évidemment, cet échange est régi selon les règles strictes du secret médical. Je dois également indiquer si je me suis rendu dans certains départements indiqués sur une carte (elle veut savoir si j'ai pu être en contact avec des tiques).

Elle me prend aussi ma tension (11,8 si vous voulez tout savoir) et me demande mes mensurations. Mon mètre 74 ne doit pas poser de problème, mais mes petits 53-54 kilos ont pu m'inquiéter un peu. Oui, je sais que je suis une brindille et un poids plume. Mais pas de souci mon canari : tu fais plus de 50 kilos, donc tu peux donner.

Même si ce n'est qu'un rhume, certaines personnes ont une santé très fragile et nous ne pouvons prendre aucun risque.

La médecin de l'EFS chargée de l'entretien avec les donneurs et donneuses

Visiblement, mon profil est valide. On a insisté sur le fait que je devais répondre sincèrement à toutes les questions. Mais aussi que je pouvais changer d'avis même en plein milieu du don et tout arrêter. Le consentement ici est libre et éclairé. Et si je n'avais pas pu donner aujourd'hui pour telle raison, on m'aurait invité à revenir à une autre date sans que ça pose problème. Autre point capital : si je tombe malade dans les quinze jours, je dois absolument prévenir le centre via un numéro spécial (remis à l'issue du don) afin d'éviter que du "mauvais" sang ne soit transfusé à quelqu'un. "Même si ce n'est qu'un rhume, certaines personnes ont une santé très fragile et nous ne pouvons prendre aucun risque." Si je suis effectivement malade, mon don ne sera pas perdu pour autant : il servira pour la recherche scientifique.

Étant (a priori...) né dans un corps de garçon, j'ai le droit de donner 480 millilitres de sang, soit une poche de presque un demi-litre. Je peux le faire six fois par an, toutes les huit semaines au minimum. Les femmes, elles, peuvent quatre fois par an à raison de tous les trois mois. Je vous renvoie au passage à cet article sur un monsieur qui a été obligé par la loi à arrêter de donner, à l'âge respectable de 71 ans. Félicitons-le pour ses 693 dons...

C'est parti

Moi, je n'en suis pas encore là. Il est temps de me diriger vers l'espace de prélèvement. Une infirmière absolument adorable m'accueille (je croise souvent des gens adorables en reportage : le précédent était le directeur adjoint du planétarium de Reims). Elle me fait asseoir, me demande pour la trouzemillième fois (au moins) comment je m'appelle et quel âge j'ai... ça fait partie du jeu. 

On m'explique à nouveau toute la marche à suivre (on ne pourra pas dire qu'on ne m'a pas prévenu). Et comme je suis un petit nouveau, on me pique le bout d'un doigt (on ne sent rien). Il s'agit de vérifier mon taux d'hémoglobine. Cette petite protéine, qui contient du fer, donne sa couleur aux globules rouges et plus vastement au sang : elle est chargée de transporter l'oxygène jusqu'aux organes. Autant dire que s'il n'y en a pas assez dans mon sang, il ne vaudra pas grand-chose. Si je deviens régulier, on ne me fera plus cette vérification.

Mais mon sang est très bien. Onze serait un problème; j'atteins les 15,7. On va donc pouvoir passer à la suite. L'infirmière me fait un garrot. Elle étale de la bétadine sur le creux du coude de mon bras gauche (celui avec lequel je n'écris pas : j'ai demandé). Puis elle pique (après m'avoir conseillé de ne pas regarder). Je sens un petit quelque chose, mais rien de bien méchant. Il faut dire que l'aiguille est un peu plus grosse que celle d'une seringue de prise de sang. 

Très prévenante, l'infirmière me demande si je désire un cache pour que je ne voie pas l'aiguille fichée dans mon bras et les tuyaux transparents qui ont pris une teinte sanguine. Je réponds que ça va aller. Et assez prévenant, je vous informe qu'un peu plus bas se trouve une photographie de ce que je viens de décrire, donc passez rapidement si vous avez peur des aiguilles et ne désirez pas assister à ce spectacle : après tout, nous sommes dans un article de presse généraliste, pas un film de Quentin Tarantino.

Paragraphe de coupure citant le site Web de l'EFS destiné à ne pas faire apparaître trop vite la photographie de l'aiguille plantée dans mon bras si vous faites défiler trop vite l'article. "Votre sang est prélevé à l’aide de matériel stérile et à usage unique. Pour un don de sang, il faut compter entre sept et dix minutes. Si vous êtes nouveau donneur, ou bien si votre dernier don date de plus de deux ans, ou encore si votre taux d’hémoglobine était bas lors de votre don précédent, une mesure de votre taux d’hémoglobine est effectuée avant le don. Ce test est indispensable pour prévenir le risque d’une éventuelle anémie."

La poche se remplit petit à petit, bercée par une sorte de plateau muni d'un balancier. Avant ça, mon sang a rempli plusieurs tubes à essai où seront recherchés d'éventuels virus (VIH notamment) : s'il y a un souci, on me préviendra. La sécurité des personnes transfusées est prise extrêmement au sérieux ici, et l'affaire du sang contaminé, si elle paraît aujourd'hui lointaine, a donné naissance à des protocoles et des procédures lourdes. C'est d'ailleurs depuis cette affaire que l'Agence française du sang (AFS, devenue plus tard EFS) a été créée en vue de centraliser et mieux contrôler le don et la transfusion de sang. Il n'y a donc pas de souci à se faire.

Il y a une dizaine de sièges là où je me trouve. Plusieurs autres personnes sont présentes, et l'infirmière s'en occupe alternativement. Elle parle des vendanges à mon voisin de droite. Les donneurs et donneuses sont de tous les âges et de tous les genres.

Je ne vois pas trop le temps passer, entre les fréquentes conversations avec l'infirmière, et les exercices réguliers de respiration et de contractions musculaires que je dois accomplir par séries de dix pour activer ma circulation sanguine. Je peux aussi serrer une petite poire en caoutchouc.

Finalement, j'ai rempli une grosse poche de sang. On me met un gros pansement enveloppé de gaze, à garder pendant au moins deux heures. Mieux vaut pour moi éviter de fumer après ce don, et limiter tout effort physique pendant 24 heures.

Petite surprise pour des primo donneurs et donneuses

Je suis redressé petit à petit, tout à ma joie de pouvoir aller bientôt grignoter quelque chose en salle de collation. Mais à peine redressé que me voilà pris entre une tête devenue toupie tant elle semble tourner, et une bouffée de chaleur. Je ne crois pourtant pas être douillet ? L'infirmière n'est pas surprise, et extrêmement rassurante. Je fais partie des quelques personnes qui défaillent un peu après le don. Et 98% de ces personnes sont des primo donneuses : ça ne leur arrive plus après. En plus, j'ai dû bien pâlir. Et pourtant, de base, j'ai naturellement la teinte délicate d'un cachet d'aspirine (ou d'une paire de fesses, pour citer mais en moins vulgaire de vilains camarades qui se moquaient de moi au collège). Heureusement, je ne fais pas de malaise vagal (et auquel cas, ce ne serait pas si grave, ça dure une poignée de secondes et le personnel sait comment réagir).

Autrement, cela peut venir d'une nuit de sommeil pas assez longue, ou d'un petit-déjeuner pas assez riche. D'ailleurs, ça aussi, on n'a pas cessé de me le demander, au point où je me serais presque cru dans un hôtel. L'occasion de rappeler que même en dehors d'un don du sang, il est important de bien petit-déjeuner pour passer une bonne journée.

Je reste donc un peu plus longtemps sur mon siège, à nouveau pivoté en arrière. Puis, quand on me relève, la chaleur et l'étourdissement reviennent, associés cette fois à de la nausée et des étoiles devant les yeux. Bon, on va encore rester là un moment, à boire deux bouteilles d'eau et une brique de jus de pomme (le jus d'orange est considéré comme trop acide, et le chocolat chaud risque d'entraîner une toute petite sur réaction thermique dont on se passerait bien lors d'un primo don). Sans oublier une compote de pommes, naturellement sucrée. Pour plus tard dans la journée, on m'a aussi remis un document m'invitant à manger des aliments riches en fer : viande rouge, lentilles, noix, œuf (petit exemple dans le gif ci-dessous)...

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Comme je suis resté trois fois plus longtemps que prévu dans la salle de don, je vois débarquer Sandra Julien et Philippe Cocquempot, journalistes télévisés de France 3 Champagne-Ardenne. À ce train-là, je vais faire un magnifique photobomb (apparition surprise) dans leur reportage (que vous pouvez retrouver en bas de l'article).

Au moins, on ne pourra pas dire qu'on n'a pas relayé l'appel important de l'EFS... 

Après l'effort, le réconfort (et le repos)

On me propose une troisième bouteille d'eau. Ok, je suis un chameau, mais même moi, j'ai mes limites. Finalement, je tente de me lever une troisième ou quatrième fois, et cette fois, ça (je) marche. Je peux me diriger vers l'espace de collation. Cafétéria, voire restaurant à la demande serait un terme plus approprié. Une dame fort joviale m'accueille en me demandant ce que je veux, et il y a une tonne de choses sucrées ou salées inscrites sur un grand tableau noir. 

Figurez-vous que j'ai droit à : assiette de jambon de Serano, thon au taboulé, hot-dog au ketchup ou à la moutarde, plats préparés de couscous ou de pennes à la bolognaise, panini au fromage, hamburger, boîte de pâtes (pasta box) au fromage...

Et ce n'est pas fini comme dans la publicité : yaourts nature ou aux fruits, crèmes au chocolat ou à la vanille, compote, salade de fruits, diverses boissons sucrées, du café ou du thé... Sans oublier les tables qui débordent de panières de biscuits, madeleines, sablés, et de barquettes de chocolat ou de confiture. Tout ça via des marques de référence, pas distributeur. C'est d’excellente qualité.

Je ne commande évidemment pas tout ça : je me contente d'un hot-dog, auquel on m'adjoint d'autorité une compote et une crème chocolat. Et même s'il me faut un temps pour le réaliser, je m'aperçois qu'on n'attend de ma part aucun paiement. On veut juste que je reconstitue mes forces et que je reste tranquille pendant vingt minutes.

J'en profite pour lire un peu, puisque je suis là pour un petit moment. Ma lecture du moment, c'est la bande dessinée (ou roman graphique, ça se recoupe) Le Prince et la couturière (de Jen Wang). Une très belle histoire, recommandée par une personne qui m'est chère, sur une couturière qui devient l'employée puis amie d'un prince. Pas n'importe quel prince : le fils unique et héritier d'une prestigieuse famille royale conservatrice... qui se sent bien mieux en robe et sous une identité féminine : une réflexion intéressante sur le genre. J'ai eu ce petit bijou (récompensé d'un prix Eisner, l'Oscar de la bande dessinée en quelque sorte) à Bédérama, la boutique de BD de la place d'Erlon. Loin de moi l'idée de faire de la publicité déguisée pour une enseigne, mais c'est pour éviter que vous n'utilisiez Amazon si vous avez envie de la commander.

Note importante : la salle est équipée de quelques divertissements à destination des enfants (coloriages...). Vous pouvez donc techniquement les emmener si vous ne pouvez pas les faire garder pour venir donner. Strasbourg (Bas-Rhin) en avait même réalisé une opération spéciale

Dans le coffre-fort de l'EFS

Retournons à nos moutons (ou plutôt à nos poches de sang). Quand mon repas est fini, j'ai droit aux coulisses du centre de dons (dont je peux vous faire gracieusement profiter). Sandrine Bouchez, chargée de développement et ma principale interlocutrice (elle a été prévenue derechef à mon arrivée pour venir m'accueillir), m'emmène à l'étage inférieur. J'y découvre les imposants réfrigérateurs contenant les poches de sang. Les bacs de O et B sont à moitié remplis...

Ce n'est pas ici que les poches de sang sont analysées et traitées. Mais à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Elles sont ensuite redistribuées sur toute la grande région, voire le territoire national. Cette salle sert de banque de sang. Juste à côté, un bureau sert à recevoir les demandes de l'hôpital à chaque fois qu'il y a besoin d'une transfusion. 

Cette salle abrite aussi des réserves de plasma (le liquide constitutif du sang une fois que l'on retire les différents globules et les plaquettes), qui peuvent servir aux transfusions ou à la création de médicaments : la possibilité de donner est importante, et plus fréquente et régulière, mais j'en reparlerai sans doute dans un futur article; celui-ci est déjà long. Ainsi que des réserves de plaquettes, qui n'ont pas une durée de vie très élevée (le don est donc d'autant plus vital). L'un des opérateurs me montre une poche à travers un plafonnier, et l'on peut y distinguer, au sein du liquide beige, des sortes de volutes qui se déplacent : ce sont les plaquettes. Des fragments de cellules "dotées de bras qui vont s'accrocher" pour permettre la coagulation du sang en cas de saignement, m'explique doctement Sandrine Bouchez.

Il ne me reste plus qu'à partir (mais tout le monde a été si gentil et accueillant avec moi que j'ai un peu envie de rester). Je ne manque donc pas de dire au revoir à toutes les employées qui ont pris soin de moi. Ce n'est sans doute pas un adieu.

Même si l'effort physique est proscrit après un don de sang (et qu'en plus il fait chaud), j'ai le droit de repartir à vélo. C'est assez plat jusque chez moi, et au pire, je dispose d'une assistance électrique pour ne pas me fatiguer. Une fois à destination... je vais encore boire de l'eau (on a bien insisté). Et dans deux mois, je retournerai probablement là-bas.

Pour vous inscrire afin de donner votre sang, vous pouvez le faire en ligne. Et pour retrouver le reportage tourné par France 3 Champagne-Ardenne, avec plusieurs interviews, cliquez sur ce lien (ou sur la vidéo ci-dessous).

Pour découvrir d'autres de mes aventures, les voici :

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