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Réchauffement climatique : nos régions innovent déjà pour changer notre quotidien et sauver la planète !

Réchauffement climatique : comment changer son quotidien pour sauver la planète ! / © cc
Réchauffement climatique : comment changer son quotidien pour sauver la planète ! / © cc

Nous devons agir face au réchauffement climatique. Mais comment vivre, s’habiller, se déplacer pour limiter notre impact sur la nature ? Nous avons fait le tour de nos régions pour répertorier les solutions innovantes et inventer avec vous, un nouveau mode de vie. 

Par Juliette Lambot

C'est notre interrogation. Récurrente. Obsédante. Comment faire pour lutter ? Avons-nous le pouvoir de changer la course folle des températures,  l'invasion des plastiques dans les océans, la pollution atmosphérique qui ne cesse de croître ?  Car tous les signes sont là pour nous alerter sur l'urgence de la situation. 

En partenariat avec Thalassa, nous avons répertorié les solutions les plus innovantes et réalistes, les personnes engagées, les petits pas du quotidien qui dessinent un nouveau mode de vie respectueux de l'environnement...
Et ça bouge déjà dans nos régions. Les uns recyclent, les autres inventent, d'autres encore manifestent pour le climat ou s'essaient à de nouveaux modes de culture. Tout est encore possible pour réduire notre empreinte carbone...notre empreinte tout court. 

Nous vous proposons 7 clés pour changer notre façon de vivre, pour participer à la sauvegarde de notre planète.  Chaque jour une nouvelle idée, un nouveau mode de vie pour agir. 7 jours pour changer de vie. Aujourd'hui :
 

JOUR 1- Vivre au quotidien en préservant la Planète

Vous pouvez , sans culpabiliser, enfourner votre vélo électrique car vos batteries sont désormais recyclables. Ne pas hésiter à utiliser le co-voiturage et tous les moyens mis à votre disposition pour vous déplacer dans le respect de l'environnement. Après avoir participé à des journées de nettoyage citoyennes, vous pouvez cultiver vos légumes et vos fruits sous des serres connectées, construire vous-mêmes des mini-serres à installer dans votre cuisine ou votre salon. Ou même un petit potager avec des caisses de vin. 
Au quotidien, chez vous, soyez inventif. Bien-sûr il y a les incontournables comme fabriquer sa lessive, faire ses courses avec des bocaux en verre, acheter en vrac, utiliser des boites à compost, suivre la tendance zéro déchets…Nettoyer toute votre maison en fabricant vos produits. Le succès du Do It Yourself sur Youtube ne retombe pas. Et si l'expérience Zéro Déchet vous tente, suivez les conseils de ce professeur de Tours qui a modifié son quotidien pour vivre en accord avec ses convictions : 
Vous pouvez aller encore plus loin. Comme ces habitants de Senné qui ont décidé de monter une coopérative d’énergie citoyennes. Dans le Parc Naturel du Golfe du Morbihan, ils ont créé la coopérative Sén’hélios qui produit de l'électricité photovoltaïque. C'est la première réalisation de cette coopérative de citoyens, ouverte à tous, et qui compte bien multiplier les initiatives pour produire de l'énergie propre. Une idée qui a germé après la COP 21. Un exemple à suivre : 
Autre idée : utiliser tous les jours un des applications contre le gaspillage alimentaire comme " Too good to go " ou l’application niçoise " Pépino ".
L'application Too Good to Go disponible sur smartphone permet aux commerces de lutter contre le gaspillage alimentaire. Les commerçants peuvent proposer leurs invendus du jour à prix cassés. En Centre-Val de Loire, elle est disponible à Blois, Châteauroux et Orléans et ça cartonne.

France 3 Centre-Val de Loire

L'application Too Good To Go a séduit plusieurs boutiques dans la région Centre-Val de Loire ! Allez-vous y passer ? Téléchargez et essayez. ...

Les couches largement utilisées, jetables, sont une véritable catastrophe écologique. En France, 3,5 milliards de couches sont jetées chaque année, ce qui représente 351.000 tonnes de déchets difficiles à traiter. On connaissait les couches recyclables, celles que l'on lave. Voici donc maintenant celles qui vont nourrir la terre. Suivez l’exemple de ces crèches de Gironde qui utilisent des couches biodégradables et les transforment en compost au lieu de les enfouir ou les incinérer.  
Vous pouvez aussi insister auprès de l’école de vos enfants pour que leur cantine cuisine avec du local et du bio. C'est l'objectif du collège Chambéry à Villenave d'Ornon.
Pour aller plus loin, vous pouvez vous engager et devenir : sentinelle de la nature !
Grace à une appli qui permet de déclarer et cartographier les nuisances à l'environnement. Voilà l'idée. Des dégradations ont déjà été signalées en Bretagne, Auvergne, Rhône-Alpes ou Alsace. Une action citoyenne environnementale.
Le projet Sentinelles de la Nature veut offrir à chacun un moyen d'agir facilement en quelques clics. Le site sentinellesdelanature.fr et son application disponible sur Google Play et Apple Store permettent de signaler des actions favorables à l’environnement et des dégradations environnementales.  Les informations déposées sur le site et l'appli sont transmises aux associations environnementales référentes de la région pour revue et une éventuelle proposition d’action.

Vous avez entre vos mains les moyens de participer à la sauvegarde de la planète, alors...c'est maintenant. 
 

 

Jour 2- S'habiller éthique

 Saviez-vous que la mode, après le pétrole, est l’industrie la plus polluante au monde ? Un tiers des vêtements produits n'est jamais vendu ! C’est énorme ! Alors, comment s'habiller éthique mais chic ? Depuis quelques années déjà, la fast fashion, c’est-à-dire la mode jetable, a du plomb dans l’aile. Nos placards sont remplis de vêtements dont nous ne savons que faire... et qui s'abîment vite...trop vite !!! Alors première étape : trier et donner. Vos vêtements connaîtront une deuxième vie avec des organismes comme la Croix Rouge ou Emmaus. Une fois le tri effectué, vous verrez que vos placards tiennent encore leurs promesses et peuvent vous habiller pour plusieurs années.
Mais si la fièvre acheteuse vous reprend, alors craquez... pour des vêtements éthiques et responsables. Les mentalités évoluent et les Français font de plus en plus attention à la façon dont sont fabriqués leurs vêtements. Allez faire un tour sur la plateforme SloweAre, elle recense les marques aux bonnes pratiques. 

Et les chaussures me direz-vous...Et bien regardez ces chaussures veganes. En fibres végétales, un premier pas pour ceux qui ne se sont pas encore résolus à arrêter la viande.

Totalement vertueuse, la marque Ecoalf récupèrent auprès des pêcheurs, les plastiques et les déchets marins pour les transformer en vêtements. Un vrai geste pour les océans et pour la planète. Le plastique qui a séjourné dans la mer plusieurs années, perd certaines de ses propriétés. Mais, c'est encore un excellent matériau pour des utilisations moins techniques, comme la fabrication de tissus et de vêtements. Javier Goyeneche, homme d’affaires espagnol, a justement réussi son pari : créer la première génération de produits recyclés, dotés de la même qualité que les produits non recyclés.

Vous savez que dans ce sac, il y a des filets de pêche recyclés ! Ce tissu est incroyable, infroissable et étanche.

Pour tout savoir sur cette marque qui a décidé de recycler les océans : 

Du coton bio, du plastique recyclé, des jeans bio " Made in France" et qui durent longtemps...les idées fleurissent aux quatre coins du pays et même les grandes maisons de couture commencent à prendre conscience. 
Et puis, avant de jeter et de surconsommer,  n'oubliez pas qu'avec un peu d'imagination on peut faire des miracles. 

Les dépôts-vente près de chez vous, Le Bon Coin et autres applications d'échanges et d'achats d'occasion, sont autant de façon de ralentir la consommation, la production, les échanges et le transport...Ralentir et regarder déjà ce qui remplit nos placards. 

JOUR 3- Cultiver autrement, préserver la nature

C'est l'un des premiers à nous avoir alertés. Pierre Rabhi. Petit homme aux yeux qui brillent comme des étoiles. Paysan-philosophe d'origine algérienne, pionnier de l’agriculture écologique en France. Il défend un mode de production agricole respectueux des hommes et de la terre et accessible à tous. La base de la permaculture. Respecter la nature, c'est aussi nous respecter. Pierre Rabhi a changé notre vision du monde agricole. 
Il a sûrement changé le regard de beaucoup de jeunes comme Thibault et Elsa. Journalistes de profession, ils ont parcouru la planète de nombreuses années avant de se rendre compte qu'il leur manquait quelque chose d'essentiel. Le sens peut-être. 

un jour on réalise que nos reportages n’ont pas l’impact attendu, alors on s’est dit que si l’on voulait changer les choses, il fallait commencer à notre petite échelle. Et quoi de plus urgent que de mieux nourrir les Hommes ? Alors nous voilà avec nos petits bras et notre immense détermination pour créer un nouvel idéal fait de bons fruits et légumes produits dans un environnement riche et sain.

Il y a deux ans, le couple a acheté une longère avec 5 hectares de terres à Saint-Sylvestre de Cormeilles, un petit village de l’Eure. Totalement novices en matière d’agriculture, Elsa et Thibault se lancent aujourd’hui dans la création d’une micro-ferme avec un projet de maraîchage biologique ! Ils ont monté une AMAP : les premières livraisons de légumes sont prévues pour cet été.
Thibault est devenu incollable sur la permaculture. Après le journalisme, respecter la nature est une autre façon de faire bouger les lignes.  

Ils sont nombreux à tenter l'aventure. plus qu'un métier la permaculture incite à créer un nouveau mode de vie. Marre du boulot, de la ville et vouloir tout quitter pour devenir agriculteur. Donner du sens à sa vie et plus d'attention à la planète qui chauffe. A Belvès, trois amis que rien ne prédestinait à devenir paysans ont monté une ferme biologique. Ils se surnomment des "Happy Cultors" et produisent local. Changement radical, pour leur plus grand bonheur. 

Si vous n'avez pas quelques hectares sous la main pour produire vos fruits et vos légumes bio, ne vous inquiétez pas. La solution existe. Il suffit de s'inspirer de notre capitale. A Paris, des potagers fleurissent aux quatre coins de la ville. Jardins ouvriers, jardins partagés, ou encore jardins pédagogiques... Il existe une multitude d'espaces où pratiquer le jardinage. Même les entreprises installent des potagers verticaux sur leurs toits. Si c'est possible au milieu du tumulte parisien, alors pourquoi pas chez vous ? Pour en savoir plus sur l'agriculture urbaine et récupérer des bonnes idées : 

Autre idée qui peut changer votre quotidien. Ramener la production alimentaire chez soi, même quand on pas de jardin et ainsi nourrir une famille de quatre personnes durant toute l'année, c'est le but des serres connectées imaginées et fabriquées par trois entrepreneurs installés à Molsheim. Des ingénieurs et pros du marketing nouvelle génération qui ont uni leur compétences et leur imagination pour lancer ce concept.

Nous voulions avoir un impact positif sur notre société c'est pour cela que nous voulions créer notre propre entreprise

précise Mickaël Gandecki, co-fondateur de la société Myfood. Alors que cent serres ont déjà été vendues dans sept pays chez des citoyens pionniers. Le système est ingénieux. 
Les fruits et légumes y sont plantés à la verticale dans un sol vivant et se nourrissent des déjections de poissons qui eux filtrent l'eau nécessaire aux cultures. De la permaculture combinée à de l'aquaponie qui proposent un système où pesticides et produits chimiques sont inutiles.

La culture sous serre connectée nécessite  90% moins d'eau qu'une culture classique. Grâce à une application, toutes les informations sont sous contrôle en temps réel. 
Un peu de patience, ces serres connectées fabriquées à Molsheim en Alsace vont bientôt arriver sur le marché. Pour en savoir plus : 

Si vous habitez au bord de la mer, pourquoi ne pas utiliser la grande bleue pour planter vos tomates et vos courgettes ? Cultiver sous la mer, c'est possibleEn Italie, une famille de plongeurs a inventé des serres sous-marines qui permettent de cultiver son potager. L'avenir  pour les pays en manque d'eau. La mer comme champ à cultiver

Avec une eau à 25 degrés, la température dans les serres atteint 29 degrés. Et la mer conserve la température sans grande différence entre le jour et la nuit. 

Ces serres aquatiques ancrées dans la roche océanique reproduisent une biosphère naturelle. Et sous la mer, les plantes grandissent plus vite que sur terre. Il n’y a pas de parasites. Exit les pesticides ! C'est totalement bio.

La prise de conscience devient une réalité car les initiatives se multiplient à travers notre pays. C'est encourageant. En Indre-et Loire, c'est un verger " éco- responsable" comme il en existe 52 en France. Ils permettent la rencontre entre les consommateurs et les producteurs. Des rencontres qui induisent confiance et responsabilité. Dans le Haut-Doubs, on  réhabilite les tourbières. Conserver l'eau dans ce milieu, ne peut être que favorable à la préservation de la nappe phréatique et à l'environnement. Et la question est plus que jamais d'actualité en cette période de sécheresse que connaît la Franche-Comté. 
Pour en savoir plus, deux autres belles initiatives de Centre-Val de Loire : 

Et si ce changement commençait sur les bancs de l'école ? C'est le pari du collège du Thillot. 
Depuis 3 ans, la nature a investi la cour de ce collège situé dans les Vosges. Une mare remplie de poissons et de grenouilles trône au milieu de la cour... Une idée du principal, Thierry Jany, pour éduquer les collégiens à la protection de l'environnement. 

 J’ai le sentiment que les élèves sont apaisés depuis que nous avons mis en place ce projet. Ils respectent les installations, et y ont accès toute la journée. C’est très bénéfique. 

Une belle initiative à reproduire dans toutes les écoles pour former les générations de demain. 
 


 

JOUR 4- Recycler, transformer


C'est bien de trier et de nettoyer. Mais que faire de cette montagne de déchets récoltés ? Comment les réutiliser pour éviter de les enfouir, les brûler ? Eviter de racheter à l'infini ? Que faire de nos mégots, nos bateaux, nos déchets plastiques?  

L'idée géniale c'est bien-sûr celle de Plastic Odyssey qui transforme le plastique en énergie pour se déplacer. Mais ce n'est pas la seule. En Normandie par exemple une entreprise recycle l'un des produits phares de notre quotidien. Un produit que certains remplacent tous les ans ou tous les 2 ans. Un objet qui est longtemps resté au fond de nos tiroirs, obsolescence oblige : les téléphones portables
L'entreprise Remade, basée à Poilley dans le sud-Manche, mérite bien un coup de projecteur. Créée en 2011 par un "enfant du pays", Matthieu Millet, elle assurait le recyclage de matériel high-tech. En 2013, son fondateur décide de se concentrer sur les smartphones, ces "téléphones portables intelligents", et plus particulièrement sur ceux de la marque à la pomme.

En se spécialisant, on a réussi à progresser, à intégrer l'ensemble de la valeur ajoutée dans notre segment et à devenir les plus performants en terme de retraitement. En faisant cela, on a pu industrialiser. 

 Pour Matthieu Millet, fondateur de Remade, c'est un succès. Remade est leader sur le marché français. La force de l'entreprise est de garantir au client de ces appareils reconditionnés une qualité digne des modèles neufs. La société a d'ailleurs lancé un important plan de recrutement. Les téléphones portables sortent de nos tiroirs pour vivre une nouvelle vie. Un vrai recyclage pour lutter contre la surconsommation et surtout la surproduction. 
Autre idée ingénieuse, celle de cette Jurassienne, Béatrice Weidenmann-Dalmais. L'idée est née après le festival du film d'aventure de Lons-le-Saunier. Les organisateurs ne savaient pas quoi faire des grandes bâches publicitaires affichées un peu partout en ville. Elle les a récupéré et les a transformées en sacs, trousses et pochettes. "C'est une histoire de rencontre", explique l'entrepreneuse. Et un recyclage intelligent pour ces bâches qui ne vivent parfois que le temps d'un festival. 
Et sur nos côtes, dans nos ports, que faire de ces dizaines de bateaux abandonnés par leurs propriétaires ? En France, 20 à 30000 bateaux de plaisance arrivent en fin de vie chaque année. Des embarcations composées à 90 % de polyester. Pour la plupart, ils pourrissent dans les ports ou sur des plages et polluent nos océans. Difficile de réutiliser les éléments d'un bateau abandonné. Une grande partie est donc enfouie, au détriment de l’environnement. Mais de nouveaux entrepreneurs se lancent enfin dans le recyclage de ces coques en plastique. Parmi eux, les «  recycleurs bretons », déjà spécialisés dans le recyclage des navires. Un vrai pari.

C’est  un défi économique. Aujourd’hui envoyer une voiture à la casse rapporte de l’argent. Alors que détruire un bateau coûte de l'argent, car un bateau de plaisance n’est pas valorisable à 100 %. 

déplore son PDG, Pierre Rolland. Mais leur ingéniosité a pris le dessus. Ils sont arrivés à recycler ces bateaux en matériau de construction. En Charente-Maritime, une société a trouver une autre utilisation pour ces coques abandonnées. Elle les a transformés en meubles. 
Plutôt que de démolir ces milliers de bateaux de pêche ou de plaisance en fin de vie, un trio d'entrepreneurs de l'agglomération de Nantes a pris le pari de les transformer en hébergements modulables. Des bateaux cinquantenaires prennent leur retraite maritime et viennent finir leurs vieux jours sur la terre ferme. Pour cela, près de 300 heures de chirurgie plastique sont nécessaires.
La micro-société Bathô est à l'origine de ce nouveau concept qui conjugue réemploi et insertion professionnelle. Une proposition novatrice qui intervient dans un moment opportun. Courant 2019, la filière nautique sera obligée par un éco-organisme de prendre en charge le recyclage.
Les uns et les autres ne manquent pas d'engagement. Il y a trois ans, la municipalité de Garéoult, dans le Var, et l'association "Ecosciences" ont décidé de promouvoir un marché propre. Pour qu'aucun plastique ou carton de ce marché du centre-Var ne se retrouve dans la nature puis dans la mer. Les cagettes et les caisses sont transformées en panneaux de particules en Italie. 
A Nice, l'appli Pepino lutte contre le gaspillage des fruits et légumes. A Orléans, une collecte de CD-DVD usagés a été mise en place. L'idée : ne pas les jeter pour qu'ils finissent enfouis ou incinérés mais revendre ceux qui sont encore en état, et transformer en produit d'ameublement les autres. 

Et puis n'oublions pas : une poule ca mange tout !
Le projet d'Aurélie Deroo, qui a imaginé le Cocott'arium, part bien sûr de ce postulat : ça mange de tout ... et somme toute, ça mange beaucoup.
Chacune d'entre elle peut ingurgiter jusqu'à 150 kilos de déchets organiques par an.
Elle a donc imaginé un poulailler que l'on installe en ville, à portée et à disposition de chacun, et notamment de tous les habitants qui n'ont pas de jardin ni de poules.
A vos poules !
 

JOUR 5- Trier, nettoyer

Et si on commençait par le commencement. Trier, nettoyer, réduire nos déchets. Essentiel. Car 80% de la pollution en mer vient de la terre. Alors il faut faire attention en amont pour ne pas asphyxier ces océans qui nous veulent du bien et absorbent nos émissions carbone. 
Bien-sûr nous pouvons et nous devons trier nos déchets. Respecter le tri sélectif. Mais comment aller plus loin ? En mer, les pêcheurs du Grau-Du-Roi ont pris les choses en main. Sur le quai du port, Dominique Duprat manifeste sa colère.

Quand on voit tous les déchets qu’on pêche en pleine mer, si nous on ne les ramasse pas, qui le fait ?

Las de travailler dans l'une des mers les plus polluées du monde, ils ont décidé de récupérer les plastiques dans leurs filets. Triés à bord, ces déchets sont recyclés. Un engagement efficace pour sauver les océans.

On veut montrer que les pêcheurs contribuent à pérenniser les fonds marins en les nettoyant

Des pêcheurs qui veulent à tout prix « redorer le blason d’une profession  accusée de vider la Méditerranée. » Conditionnés dans d’immenses sacs, les plastiques repêchés en mer prennent la direction de la « Plastic Vallée » près d’Oyonnax. Là, ils seront broyés en fine particule. Plus fragiles, car issus du recyclage, ces plastiques deviendront des pots à crayon ou des pots de fleurs. Et la mer se nettoie petit à petit. 
 

Vannes s'est engagée aussi. A l'occasion du World Cleanup Day le 15 septembre, le jour du grand nettoyage pour la planète, la ville a organisé celui du port. Edifiant, et pédagogique. L’initiative du mouvement Let’s do it, a été prise aux mots. Des bénévoles se sont unis sur les quais pour débarrasser tous ses déchets avec l'aide de plongeurs spécialisés. Laétitia Dumas, membre de la Jeune chambre économique, appuie la démarche de la cité portuaire.

L’idée, c’était vraiment, dans le cadre de cette journée, d’interpeller les gens et de leur montrer ce qui atterrit dans le port au gré des manifestations, ou des promenades des uns et des autres 

 Des barrières, des trottinettes, des vélos, des poussettes et beaucoup, beaucoup, de canettes. À méditer.
 
A le Défense à Paris, environ 100 millions de mégots sont écrasés chaque année. L'opération ramassage de mégots du World Clean Day a été aussi efficace.

Pour cette opération mondiale, l'association a revendiqué la participation d'au moins 17,2 millions de participants. C'est déjà pas mal ! Une idée à suivre toute l'année. 
A Nice, et dans d'autres villes de France, une nouvelle activité très tendance a envahit les rues : le plogging ! Courir en ramassant les déchets. Les phénomènes de mode ont des vertus pour la planète.  

Reste la solution la plus raisonnable. Pour éviter de trier et nettoyer, il faudrait tous adopter l'attitude de Jérôme Scherer. A Besançon, c’est le fondateur du collectif « Zéro déchet ». Avec sa collocataire Lucie Richard, il a réussi à ne produire que 370 grammes de déchets en un mois. 

Ils ont commencé à réduire d’une manière simple : en ré-utilisant leurs sacs pour chaque achat de nourriture à l’extérieur et en achetant en vrac.
Ces initiatives se multiplient dans toutes nos régions. Un professeur de biologie de Tours a réussi à réduire le poids de ses déchets à deux kilos par an. L'enseignant a pu changer complètement ses habitudes au bout d'un an et s'approcher de l'objectif zéro déchet.

Envie de vous y mettre ? Voici quelques sites. Et très bientôt nos conseils pour vivre un quotidien éco-responsable. 
- Le site zerowastefrance
- Blog de "Camille se lance"
- Association zerodechettouraine
Contact :  zerodechet37@gmail.com

Jour 6- Se déplacer

Pourquoi ne pas commencer maintenant. Sans attendre que les politiques décident et que les innovations découvertes ici -ou d'autres encore- soient validées et rayonnent dans nos territoires. Avant que la révolution verte n'arrive, nous pouvons chaque jour modifier un de nos comportements. Se déplacer par exemple. Depuis le recyclage des batteries possible, nous pouvons envisager le déplacement électrique avec plus sérénité.  
De nombreuses villes sont conscientes de la nécessité de réduire leur empreinte carbone. Paris, Bordeaux, mais aussi Limoges ou Colmar proposent à leurs concitoyens des moyens de transport électrique. Voitures, trottinettes, vélos, les moyens de locomotion alternatifs explosent et tout le monde s'y met. Même les petites communes...

Le transport électrique n'est pas accessible dans votre commune ? Pas de panique...vous pouvez agir et vous en sortir...!!! Déjà, protégez-vous de la pollution. Avec quoi ? Depuis que l'Anses a démontré en juillet 2018 l'inefficacité des masques anti- pollution, comment se protéger ? 

Le masque est constitué d'un filtre contre les particules. Or la pollution, ce sont des particules, mais aussi d'autres substances à l'état gazeux, comme le benzène, le dioxyde d'azote ou de l'ozone.

Et bien à Lyon, il ont inventé Wair. Un masque connecté avec son application. Ils vous informent en temps réel de la pollution atmosphérique. Vous pouvez dévier votre route pour éviter un nuage de particules. L'évitement, c'est le maître mot. A Rouen, des micro- capteurs reliés à une application informent eux en temps réel de la pollution et propose des itinéraires Bis. 

Le covoiturage, c'est aussi une façon de s'engager. Blablacar reste une référence, mais des régions s'organisent aussi pour créer de nouvelles habitudes. En Gironde, c'est même un axe fort de développpement. 9 véhicules sur 10 ne transportent qu'une personne. Le département investit dans des aires aménagées et des voies spéciales pour encourager ce type de déplacement et désengorger ainsi les routes. Il va falloir s'y mettre comme dans beaucoup d'autres communes françaises. Selon l'ADEME c'est  

l'un des modes les plus simples à intégrer dans les Plans de mobilité, rendus obligatoires à partir du 1er janvier 2018 pour les entreprises qui regroupent plus de 100 collaborateurs sur un même site.

A Plougastel aussi, on s'organise. Les abri-bus se transforment en " cabanes à pouces " pour auto- stoppeurs. Creil adopte un autre modèle en adhérant à Rezo Pouce, l'auto- stop sécurisé. Les automobilistes et les auto-stoppeurs sont mis en relation, soit grâce à une application, soit, à la mode vintage, grâce à des panneaux, disséminés sur des points stratégiques dans les communes. L’agglomération Creil Sud Oise, comme de nombreuses autres en France, a été séduite par l’initiative.

Nous avons testé Rezo Pouce à Moissac, et c’est vraiment bluffant. En 6 minutes les automobilistes s’arrêtent pour prendre les auto-stoppeurs. 

confie enthousiaste, Sébastien Duc, chef de service mobilités à l’agglomération Creil Sud Oise
A Paris, réduire la pollution urbaine est un chantier de taille. Une initiative a été mise en place pour réduire une pollution moins connues que celle des particules fines pour les voitures : celles des plaquettes de frein. Un véhicule électrique est d'ailleurs en test actuellement. 
A Paris toujours, c'est parti pour les SeaBubbles. Celui que l'on appelle le "taxi-volant" va bientôt faire son entrée en Seine. A propulsion électrique, ces petits bateaux blanc volent au-dessus de l'eau grâce à des foils.  Créé par Alain Thebault le navigateur, il promet un transport fluide et "vert" le long de la Seine. Nous vous proposons une petite démonstration avec PARIGO#

Et sur l'eau comment se déplacer quand on sait qu'un bateau de croisières pollue autant qu'un million de voitures. 
La prise de conscience des compagnies de croisière semble devenir une urgence. Sous la pression de l'OMI, l'Organisation Maritime Internationale, certaines compagnies ont commencé à réagir en utilisant des carburants moins polluants. Ou en construisant des navires plus "propres". Le Honfleur, dernier bébé de la Brittany Ferries, remplacera le Normandie. Un ferry dernière génération à propulsion à gaz Brittany Ferry, le premier du genre dans le transport maritime de passagers est très attendu.

A Marseille, une compagnie maritime s'est engagée à lutter contre unr pollution invisible mais bien réelle pour la population du littoral : le manque d'accès à l'électricité des navires une fois à quai, les oblige à utiliser leurs moteurs pendant les escales.  La Méridionale utilise l'électricité depuis 2 ans pour alimenter trois de ses navires lors des escales dans le port de Marseille. Une première en France pour les traversées en Méditerranée.
Le début d'une prise de conscience pour le port de Marseille qui a vu débarquer l'année dernière 1,6 millions de touristes de ces géants des mers. Un vrai enjeu pour la ville et ses habitants. La preuve, le capitaine américain d'un navire de croisière a été jugé début octobre 2018 devant le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir enfreint les normes antipollution de l'air. C'est une première judiciaire. 

Mais le plus novateur, c'est sûrement cette poignée de jeunes ingénieurs qui l'a inventé. Plastic Odyssey, un bateau qui fonctionne au plastique. Formidable perspective de déplacement qui permettrait de valoriser ces déchets et d'inciter à la collecte.

Pas besoin d'avoir suivi une formation d'ingénieur pour trouver des idées...il faut être créatif mais surtout changer d'angle, de point de vue. Comme cette entreprise de Beasançon qui a inventé un nouveau concept : Déménager à vélo. Simple efficace et totalement vert

A vos idées. 
 

Jour 7- Observer, innover et s'engager


Il suffit de les observer. Ceux qui s'engagent. Portés par la conscience qu'il faut faire vite, ils manifestent, inventent, témoignent et tentent d'inverser la vapeur.

Pierre-Ange Guidicelli est de ceux là. Quand il a compris que son paradis corse devenait une poubelle de plastique, il s'est engagé dans un tour de son île pour alerter les touristes et les habitants. 

Mais il n'est pas le seul à s'engager. Partout autour de nous, dans chaque région, les initiatives se multiplient.
En Ile-de France par exemple, un Seine-et-Marnais de 45 ans veut faire le tour de Paris en suivant le périphérique... à pied. Xavier Vatin a décidé de cette longue marche de 40 kilomètres, surtout pour dénoncer la pollution de l'air. 

En ce moment, le climat se dérègle. Il faut agir rapidement. Si les gens peuvent éviter de prendre la voiture pour faire 500 mètres. Ce serait déjà bien !
 

Le coureur Xavier Vatin, en repérage aux portes du périphérique parisien. / © Emmanuel Tixier pour F3 Paris IDF
Le coureur Xavier Vatin, en repérage aux portes du périphérique parisien. / © Emmanuel Tixier pour F3 Paris IDF

Il y a aussi ces deux normandes qui n'ont pas froid aux yeux. Candy His et Mathilde Auger. A 28 et 29 ans, elles ont parcouru plus de 700 kilomètres en canoë et à vélo pour nourrir le projet citoyen OdySeine et alerter sur la pollution plastique. 

Pour ceux qui ne se sentent pas l'âme aventurière, il reste un engagement simple. Celui de participer à chaque marche pour le climat. Et elles vont être de plus en plus nombreuses semble t'il. 

Ceux qui agissent et qui s'engagent... se trouvent souvent à la pointe de l'innovation. Ingénieurs,  chercheurs et entrepreneurs,  ils ont décidé de concentrer leurs efforts sur la préservation de notre planète. L'un des enjeux majeurs c'est le recyclage de nos déchets...du plastique surtout. 80% de la pollution à terre se retrouve en mer et asphyxient nos océans, ces poumons qui permettent de réguler le climat et absorber le trop plein de carbone. 

Toutes les innovations vont dans le même sens : améliorer le tri et le recyclage. Comme cette poubelle intelligente Bing bin, qui permet de trier vos déchets une fois jetés. Inventée par deux étudiantes de l'IUT de Compiègne, elle s'occupe de tout. 
Aller chercher les plastiques et autres déchets en mer avant qu'ils ne l'envahissent...c'est le but de Recyclamer, un robot capable de récupérer les déchets dans les ports avant qu'ils ne regagnent le large, les plages et tapissent les fonds marins. Il permet de récupérer les déchets en surface. Un "aspirateur" mis au point par une entreprise de Guéret (Creuse).
Une des inventions les plus novatrices c'est peut-être celle présentée un jour de septembre par Samuel Lebihan dans le port d'Antibes. Un projet lui tenait à coeur. La machine qu'ils ont inventée, Crysalis, est une machine capable de transformer le plastique en gazole par distillation. Pour Samuel Lebihan, c'est surtout la destination du carburant qui doit être vertueuse. 

Si on peut trouver à ce carburant une utilisation vertueuse alors c'est gagné. Par exemple remplir les cuves de la SNSM. Aider les bateaux qui sauvent des vies. 
 

Si on trouve une utilisation simple, utile et qui a du sens, on va créer de la valeur avec le plastique.  Nous pourrons créer une économie du plastique.

Valoriser les déchets pour inciter la collecte. Le plastique est au centre de toutes les obsessions.
Autre trouvailles de nos inventeurs engagés : des enzymes dévoreuses de plastique. Une enzyme découverte par hasard et développée à Clermont-Ferrand, par l’entreprise Carbios, spécialisée dans la chimie verte. D’ici 2020 des premiers plastiques 100% biodégradables devraient se trouver sur le marché. La société travaille également sur un recyclage à l’infini grâce à ces enzymes. Mais une des découverte les plus étonnantes, c'est celle du recyclage des batteries, et ses composants toxiques, le véritable point noir du transport électrique . Histoire de "rouler vert" sans arrières- pensées. Il y a 5 ans, Denis Foy a eu le nez fin. Il a commencé à faire travailler ses ingénieurs sur le recyclage des éléments.

J’ai compris que le marché de la voiture électrique était promis à un bel avenir. J’ai donc commencé à faire travailler mes ingénieurs sur le recyclage des batteries de ces véhicules, qui contiennent toutes des piles.

 
 

Toutes inventions, ces actions, même les plus modestes sont à la portée de tous et participent au changement. Alors engagez-vous, innovez, inventez...osez !
Comme ces deux normands en quête de sens qui ont fait le tour du monde pour recenser les meilleures idées pour la planète. 
 

Rendez-vous demain pour de nouvelles idées et de nouveaux engagements. 

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