Régionales 2021 : fusion, ruralité, équilibre Dijon/Besançon, comparez les programmes pour le territoire des candidats

Petit tour d'horizon des mesures phares des 7 candidats à l'élection régionale en Bourgogne-Franche-Comté en matière d'aménagement du territoire.

Les sept têtes de liste dans la région Bourgogne-Franche-Comté
Les sept têtes de liste dans la région Bourgogne-Franche-Comté © © Lutte Ouvrière, TARDIVON JC, Ludovic LAUDE, Lionel VADAM, Marion Boisjot / MAXPPP

Demandez le programme ! Alors qu'elle est actée depuis 2015, la fusion de la région continue de cristalliser les débats en Bourgogne-Franche-Comté. Parmi les 7 têtes de liste pour les Régionales 2021, Marie-Guite Dufay (PS), la présidente sortante est la seule à en faire un bilan positif. Denis Thuriot (LREM), Stéphanie Modde (EELV) et Bastien Baudot (LFI) ne la remettent pas en question mais estiment que ses effets se font encore attendre. Claire Rochet estime que la fusion n'a aucun impact sur les inquiétudes des travailleurs. Quant aux farouches opposants, Julien Odoul (RN) et Gilles Platret (LR) en font la responsable d'un déséquilibre territorial et d'une perte des identités locales.

Le scrutin dont les tours auront lieu le 20 puis le 27 juin pourrait se jouer sur la question du territoire. Défenses des zones rurales, équilibre entre Dijon et Besançon et défense des identités bourguignonnes et franc-comtoises, petit tour d'horizon des mesures proposées par les candidats.

Sur la question de la ruralité

Julien Odoul n'y va pas par 4 chemins. Pour lui, la nouvelle collectivité a mis de côté les campagnes et territoires agricoles. "La fusion a été un immense mensonge. Tout le monde a été perdant, notamment la ruralité", estime la tête de liste RN.

Marie-Guite Dufay se défend. Selon elle, le conseil régional a financé les projets des grandes agglomérations comme ceux des territoires ruraux. "Nous avons besoin d’avoir un équilibre dans nos politiques entre le soutien à la ruralité et aux métropoles. Nous avons besoin des métropoles qui poussent le développement économique. Et nous sommes une région rurale. Nous avons besoin de faire les deux".

Mais la candidate PS concède qu’il faut désormais passer à une nouvelle étape du processus de réunification des régions. "Il faut descendre plus dans le détail. Dans chaque secteur, il doit y avoir une grande prise en compte des spécificités".

VIDEO. Quelles mesures pour l'équilibre des territoire ? La fusion Bourgogne Franche-Comté est-elle réussie ? Comparez les propositions des candidats.

Mes propositions pour l'équilibre territorial ©Gaël Simon

Beaucoup de candidats aux élections régionales de 2021 entendent défendre les intérêts des campagnes dans la première collectivité rurale de France. Stéphanie Modde veut ainsi rééquilibrer les territoires en Bourgogne-Franche-Comté par la protection des commerces de proximité et des maisons de santé. "Je ne mets personne en compétition mais en complémentarité".

Un point qui la rapproche de la tête de liste LFI, Bastien Faudot qui veut lutter contre la "désertification" des campagnes par le maintien des services publics. "Le processus de métropolisation aboutit à de fortes inégalités et une mise en concurrence des territoires", dresse-t-il.

Au total, sur ses 8 départements, la Bourgogne-Franche-Comté en compte 5 qualifiés de "ruraux" par l’Insee. La Côte-d’Or, le Doubs et le Territoire de Belfort font exception et sont "intermédiaires", à savoir mi-urbain, mi-rural.

Denis Thuriot et Gilles Platret proposent une solution similaire afin de faire entendre les intérêts de l’ensemble de ces collectivités agricoles et de leurs habitants. Créer des établissements de la Région au plus près des habitants.

La tête de liste LREM, dont le slogan est "La Région partout et pour tous" souhaite créer des structures du conseil régional à une heure de chaque résident de Bourgogne-Franche-Comté. "Une vraie fusion passe par une présence partout et pour tous dans l’ensemble de la région", estime le candidat. Quant à Gilles Platret, il propose de créer une maison de la Région dans chaque département. "On veut rapprocher les centres de décisions des citoyens. On aura une politique au plus du terrain".

Dans sa volonté de dénoncer les "dérives" du capitalisme, la candidate de Lutte Ouvrière, Claire Rocher évoque relativement peu la question de la fusion des régions et de l’équilibrage de l’ensemble des territoires dans son programme. "Nous, ça ne change rien à nos vies, aux bas salaires et à la crainte du chômage d’appartenir à une grande ou à une petite région".

Les propositions de Julien Odoul

Les propositions Stéphanie Modde :

Les propositions de Marie-Guite Dufay :

Les propositions de Bastien Faudot

Les propositions de Gilles Platret

Les propositions de Claire Rocher

Les propositions de Denis Thuriot

Quel équilibre entre Dijon et Besançon ?

95% des communes en Bourgogne-Franche-Comté sont présentées comme "rurales" par l’Insee. Les villes de Dijon et Besançon regroupent les tissus urbains les plus denses de la région. Pour certains candidats, le fonctionnement de l’ensemble de la collectivité passe par un juste équilibre entre elles.

"Les deux capitales Dijon et Besançon doivent être en complémentarité et non-plus en concurrence comme par le passé", estime Stéphanie Modde, dont l'une des mesures est de garantir la présence d'un siège du Crous et de l'Université de Bourgogne et Franche-Comté à Besançon. Bastien Faudot propose quant à lui de transférer certaines infrastructures régionales à Besançon. "Sur cette question, il y a besoin de faire des choix clairs, qui n'ont pas été faits en 2015", avance le candidat LFI.

Gilles Platret va encore plus loin et propose de créer une nouvelle entité : Bourgogne et Franche-Comté. "Ça, ça a du sens". Le maire de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) veut créer deux commissions différentes au sein du conseil régional, une pour la Bourgogne, une pour la Franche-Comté. "Les élus franc-comtois traiteront des dossiers franc-comtois. Les élus bourguignons traiteront des dossiers bourguignons".

Si pour Claire Rocher, la question de la fusion est totalement abstraite, "c’est vraiment une question pour les capitalistes qui lorgnent les marchés et les politiciens qui cherchent une place", Denis Thuriot fait de la thématique une problématique centrale du futur conseil régional. "C’est un vrai enjeu de réussir une vraie fusion. On raisonne toujours en terme de Bourgogne ou de Franche-Comté, c’est la preuve qu’on n’y est pas encore arrivé".

Julien Odoul trouve lui la preuve de ce qu'il présente comme un échec dans le déséquilibre des subventions accordées par le conseil régional. "La Franche-Comté n’a pas été englobée mais plutôt annexée. La fusion ne fait que les affaires de la métropole de Dijon", estime la tête de liste RN qui souhaite donc revoir la répartition des aides de la Région..

Un argument auquel s’oppose vigoureusement la présidente de la région, Marie-Guite Dufay. "C’est un fantasme. On a constitué une entité qui se pose comme le premier investisseur public dans la région. Malgré les contraintes, nous avons fait de la Bourgogne-Franche-Comté un territoire de projets". La présidente du conseil régionale candidate à sa réélection ne présente cependant pas de nouvelles propositions pour un rééquilibrage entre Dijon et Besançon.

Les propositions de Julien Odoul

Les propositions Stéphanie Modde :

Les propositions de Marie-Guite Dufay :

Les propositions de Bastien Faudot

Les propositions de Gilles Platret

Les propositions de Claire Rocher

Les propositions de Denis Thuriot

Les deux tours des élections régionales 2021 auront lieu le 20 et le 27 juin prochain.

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