Régionales 2021 : énergie, biodiversité, écologie, comparez les programmes des candidats en Bourgogne Franche-Comté

Petit tour d'horizon des mesures phares des 7 candidats à l'élection régionale en Bourgogne-Franche-Comté en matière d'écologie et d'environnement.

Les sept têtes de liste dans la région Bourgogne-Franche-Comté
Les sept têtes de liste dans la région Bourgogne-Franche-Comté © JC Tardivon, Michael DESPRE, Vincent Isore, Lutte Ouvrière / MAXPPP

Demandez le programme ! "La question de la transition écologique c’est le nerf de la guerre, c’est le sujet numéro un". Marie-Guite Dufay (PS) ne s'en cache pas, la thématique de l'environnement sera centrale lors des élections régionales 2021. Les 7 têtes de liste en Bourgogne-Franche-Comté s'accordent sur la question de l'urgence climatique et la nécessité de soutenir la production locale. 

Mais les opinions s'affrontent sur la question de l'éolienne. Gilles Platret (LR) et Julien Odoul (RN) sont contre. Bastien Faudot (LFI), Stéphanie Modde (EELV) et Marie-Guite Dufay les défendent mais veulent réguler leur implantation. Denis Thuriot veut en discuter avec les acteurs locaux. Et Claire Rocher (LO) estime que la question révèle les limites du système capitaliste qui fait passer les intérêts environnementaux au second plan.

Biodiversité, transition écologiques et ressources énergétiques, petit tour d'horizon des mesures proposées concernant l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. 

La question des éoliennes et de la transition énergétique

Alors qu’au niveau national, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a affirmé l’importance de développer l’éolien sur l’ensemble du territoire le 28 mai dernier, en Bourgogne Franche-Comté, la question est devenue un véritable thème de campagne.

"Il faut que nous mettions le paysage comme un élément indispensable du patrimoine. Ça veut dire quoi : on arrête de le balafrer avec des éoliennes", souffle la tête de liste LR, Gilles Platret qui défend l'utilisation du nucléaire par la région. Aujourd'hui, aucune centrale n'est installée en Bourgogne Franche-Comté. "On est des défenseurs de l’énergie nucléaire. Elle nous va bien !". Gilles Platret souhaite privilégier des sources d’énergie fiables mais aussi développer de petites unités de méthanisation ainsi que la production d’hydrogène décarbonée.

En 2020, les parcs éoliens représentent 35% de la production d'énergies renouvelables et 10% de la consommation d'électricité en Bourgogne-Franche-Comté. "Avec des éoliennes on fabrique de l’électricité sans porter atteinte à quelques ressources que ce soit", répond Marie-Guite Dufay qui s'assume en "partisane" de ce mode de production. Pour la tête de liste PS, transition écologique et énergie éolienne sont inséparables. "Il faut avoir recours à l’énergie nucléaire et aux énergies vertes. Le solaire, le thermique, le bois, l’éolien ! L’éolien fait partie d’un mix énergétique".

Julien Odoul estime au contraire que les éoliennes augmentent la pollution. "Plus d’éoliennes, c’est plus de centrales à charbon. C’est une énergie qui n’est pas fiable et sure. C’est une escroquerie environnementale". La tête de liste d'extrême droite veut favoriser l'hydrogène, mais aussi le bois et l'hydroélectricité qu’il présente comme "les vraies énergies renouvelables". Concernant les éoliennes, il veut instaurer un "moratoire sur l’implantation de nouveaux projets". Le candidat du RN prévoit surtout de démanteler les 403 éoliennes que compte la région et de suspendre l’installation de 469 autres unités prévues.

Une proposition que Stéphanie Modde estime intenable. "Ça aurait un coût. Ce serait complètement idiot et contre-productif". Pour la tête de liste EELV, l’installation des éoliennes doit cependant être soumise à plusieurs conditions. "Que ce soit des projets en concertation avec la population, qu’elles aient une efficacité prouvée et qu’elles ne servent pas uniquement de plan financier". Un avis partagé par Bastien Faudot qui souhaite "que la région mette en mette en œuvre une charte sur les éoliennes".   

Pour le candidat LFI, la réponse pourrait passer par le développement de parcs maritimes, une solution présente hors de la région. "On défend les énergies renouvelables mais il faut le faire de manière limitée et réfléchie et privilégier les éoliennes en mer". Par ailleurs, le candidat veut mettre sur la table 130 millions d'euros pour ce qu'il présente comme un "grand plan transition énergétique". Le but : permettre aux habitants et entreprises de la région d'entrer dans une démarche éco-responsable.

VIDEO. Comparez les programmes des 7 candidats sur l'environnement

Mes propositions pour l'écologie ©Gaël Simon

Denis Thuriot fait également de l'aide et la concertation avec les entreprises un élément essentiel sur la question de la transition énergétique et des éoliennes. Le débat doit être tranché en consultant tous les acteurs locaux. "On a besoin d’énergies nouvelles. L’éolien, c’est sensible. Je souhaite en discuter avec les intercommunalités. Le petit éolien offre une solution intéressante sans nuisance esthétique", explique la tête de liste LREM.

Le maire de Nevers (Nièvre) qui souhaite favoriser les méthaniseurs pour les fermes et l’hydrogène pour le ferroviaire propose-t-il un "en même temps" énergétique ? "Bien-sûr que c’est le 'en même temps' ! Rien n’est tout noir ni tout blanc", avance le candidat. 

Enfin, pour Claire Rocher, la question des éoliennes est déjà réglée sur fond d’intérêts financiers. "Les dés sont pipés. Ce sont toujours les intérêts des grands groupes comme Alstom et EDF qui priment et jamais les besoins de la population et les risques pour l’environnement qui sont pris en compte", estime la tête de liste de Lutte Ouvrière.

Les propositions de Marie-Guite Dufay

Les propositions de Denis Thuriot

Les propositions de Julien Odoul

Les propositions de Claire Rocher

Les propositions Gilles Platret

Les propositions de Stéphanie Modde

Les propositions de Bastien Faudot

Sur la question de la biodiversité et des modes de consommation

"Notre objectif c'est produire local, produire local, produire local". La formule de Bastien Faudot a le don de la simplicité. La tête de liste LFI souhaite développer une marque "Made in BFC" qui aurait notamment pour but de servir de la nourriture issue des territoires de la région dans les cantines de lycée. "Cela favorisera l'économie circulaire et l'économie locale. Il faut être capable de faire bénéficier à nos jeunes des richesses de nos terroirs"

Le candidat n'est pas le seul à vouloir créer un label régional. Denis Thuriot et Julien Odoul proposent leur "fabriqué en Bourgogne-Franche-Comté""La mesure la plus écologique du monde, c’est le localisme", affirme la tête de liste RN. Tous se rejoignent dans la volonté d'approvisionner les cantines de lycée de produits régionaux. Sans évoquer la création d'un label, Stéphanie Modde et Gilles Platret souhaitent également que les lycéens consomment 100% de nourriture locale. 

S'ils se retrouvent sur ce point, les deux têtes de liste s'opposent sur la question de la méthode. La tête de liste LR se présente lui-même comme le défenseur d'une "écologie de terrain", qu'il oppose aux méthodes des Verts. "Il y a deux écologies. L’écologie pastèque, verte à l’extérieur et rouge à l’intérieur, nous on veut une écologie de terrain. On ne va pas changer la mentalité des gens, on veut les aider à s’adapter", avance le candidat.  

"Je comprends Monsieur Platret qui veut rester dans sa logique. La réalité va vite le rattraper. Nous, nous sommes dans une écologie pragmatique au plus près des territoires et de la population", répond la candidate du parti écologiste. La méthode est plus radicale pour Lutte Ouvrière. Pour la liste d’extrême gauche, dont le but premier est de dénoncer "les dérives de la société", il faut renverser le système pour mener une vraie transition écologique. "Dans le domaine de l’environnement comme pour le reste de la société, le capitalisme montre qu’il est incapable de répondre à l’intérêt général", affirme Claire Rocher.

Sur le plan de la biodiversité, Marie-Guite Dufay et Stéphanie Modde se rejoignent sur la prise en compte de la forêt. La tête de liste PS promet de planter 100 000 nouveaux arbres, tandis que la candidate EELV entend engager 1% du budget du conseil régional, soit 20 millions d'euros par an dans l'achat de forêts pour réduire le taux de résineux et en faire des laboratoires écologiques.

Autre point commun entre deux candidats, Marie-Guite Dufay et Denis Thuriot qui veulent faire de l'eau "une grande cause régionale". La présidente du conseil en lice pour sa réélection souhaite alors réduire l’artificialisation des sols et favoriser le développement de zones maraîchères autour des villes tandis que la tête de liste LREM veut développer des systèmes de récupération des eaux de pluie pour les utiliser en été.  

Les propositions de Marie-Guite Dufay 

Les propositions de Denis Thuriot

Les propositions de Julien Odoul

Les propositions de Claire Rocher

Les propositions de Gilles Platret

Les propositions de Stéphanie Modde

Les propositions de Bastien Faudot

Les deux tours des élections régionales 2021 auront lieu le 20 et le 27 juin prochain.

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