Affaire Sophie Le Tan : deux ans d'enquête avant les aveux de l'unique suspect, Jean-Marc Reiser

Entre la disparition de Sophie Le Tan le 7 septembre 2018 et les aveux de Jean-Marc Reiser ce 19 janvier 2021, plus de deux ans se sont écoulés. Retour sur les cinq étapes clés de cette affaire hors norme.

 

Jean-Marc Reiser,ici avec le visage recouvert d'un drap, a avoué le 19 janvier 2021 avoir tué Sophie Le Tan.
Jean-Marc Reiser,ici avec le visage recouvert d'un drap, a avoué le 19 janvier 2021 avoir tué Sophie Le Tan. © Jean-Frederic SURDEY/MaxPPP

Jean-Marc Reiser a finalement avoué ce mardi 19 janvier 2021 avoir tué Sophie Le Tan, en 2018, même s'il a nié toute préméditation. Plus de deux ans seront passés entre la disparition de la jeune étudiante strasbourgeoise et ses aveux. Voici les temps forts de cette affaire.

1 - Sophie Le Tan disparaît

Sophie Le Tan, une jeune femme de 20 ans, est portée disparue le vendredi 7 septembre 2018. Cette étudiante en licence d'éco-gestion à Strasbourg se rendait route de Bischwiller à Schiltigheim pour visiter un appartement dans la matinée. Sans nouvelles d'elle, ses proches, inquiets, tentent de recueillir des informations sur les réseaux sociaux. Le mardi 11 septembre, le parquet de Strasbourg ouvre une enquête pour enlèvement et séquestration après cette disparition inquiétante. Un appel à témoins est lancé par la police.

 2 - Interpellé, Jean-Marc Reiser nie

Le 15 septembre 2018, un homme âgé de 58 ans est interpellé dans sa voiture à Schiltigheim et placé en garde à vue. Il s'appelle Jean-Marc Reiser, et est déjà connu de la justice. Suspecté de la disparition en 1984, de Françoise Hohmann, dont le corps n'a jamais été retrouvé, l'homme a été condamné en septembre 2001 à 15 ans de prison pour viol dans une autre affaire.

Présenté comme le "suspect principal", il est mis en examen pour homicide volontaire avec préméditation, enlèvement et séquestration et placé en détention provisoire le 18 septembre. Une perquisition effectuée à son domicile schilikois met "en évidence l’existence de traces de sang". Durant les premiers interrogatoires, Jean-Marc Reiser ne répond à rien qui soit lié aux faits. Tout au long de mois de septembre 2018, des battues et marches citoyennes sont organisées dans le Bas-Rhin par les proches de Sophie Le Tan. En octobre 2018, Jean-Marc Reiser reconnaît que la jeune femme s'est rendue dans son appartement mais nie en bloc toute implication dans sa disparition. Ce sera le cas jusqu'à ses aveux le 19 janvier 2021. L'enquête se poursuit. Les preuves s'accumulent au fil des mois.

En mars 2019, l'ADN de Sophie Le Tan est retrouvé sur une scie découverte dans la cave du suspect. En mai, les enquêteurs abandonnent les recherches pour trouver le corps mais l'enquête se poursuit. En septembre, un an après la disparition, le père de Sophie Le Tan demande à Reiser d'avoir "le courage de dire la vérité". En octobre 2019, les avocats de Jean-Marc Reiser veulent faire annuler des indices accablants, la requête est rejetée en appel quelques jours plus tard. En juin 2020, la Cour de cassation renverra également cette requête en nullité. Ses demandes de remise en liberté seront elles aussi refusées

3 - Le corps de Sophie Le Tan est découvert

Un nouveau rebondissement intervient le 23 octobre 2019. Un corps démembré est découvert en forêt de Grendelbruch (Bas-Rhin), entre les communes de Rosheim et de Grendelbruch, par un groupe de promeneurs. La procureure de la République de Strasbourg confime le 26 octobre qu'il s'agit de celui de Sophie Le Tan."Les analyses ADN confiées à l'Institut national la police scientifique de Paris et exécutées en l'état sur certains de ces ossements humains viennent de révéler que le profil génétique féminin mis en évidence est identique au profil de Sophie Le Tan" annonce Yolande Renzi. 

Le 28 octobre, à l'occasion d'une nouvelle conférence de presse, la procureure donne des détails. A proximité du crâne découvert se trouvait "un amas de terre comprenant à son sommet une fosse d'environ cinquante centimètres de profondeur, recouverte de branchages et de pierres", avec à l'intérieur, "un squelette incomplet. Dans sa partie inférieure, un morceau de bassin supportant seulement une tête de fémur", poursuit la procureure. La tête du fémur présente "ce que les experts appellent une section instrumentale. C'est une section nette et franche réalisée avec un instrument qu’il reviendra aux experts de déterminer la nature. Ce n’est pas l’œuvre d’un prédateur". Malgré la découverte des ossements, Jean-Marc Reiser nie toujours

4 - L'instruction se termine sans aveux

L'instruction de l'affaire Sophie Le Tan est "finie" annonce jeudi 10 décembre l'avocat de famille de la jeune femme, Me Gérard Welzer.  La juge d'instruction a rendu" il y a environ une semaine "son avis de fin d'information (...) l'instruction est finie", a indiqué Me Welzer.  Ce document, qui ne précise pas encore les intentions de la juge quant à un éventuel renvoi du suspect, qui clame son innocence, devant une cour d'assises, n'est pas susceptible d'appel, a précisé le conseil de la famille de Sophie Le Tan. 

Il a été transmis au parquet de Strasbourg qui dispose d'un mois pour prendre ses réquisitions, à la suite desquelles la juge décidera de renvoyer ou pas Jean-Marc Reiser devant les assises, a-t-il ajouté. "Malgré les différents recours auquel il faut s’attendre avec Jean-Marc Reiser, on peut imaginer un procès peut-être même avant la fin du premier semestre 2021", précise-t-il.

5 - Jean-Marc Reiser avoue

Après plus de deux années de dénégations, Jean-Marc Reiser a avoué avoir tué Sophie Le Tan, le 19 janvier 2021. "On s'est disputé, je ne voulais pas la tuer mais je l'ai tuée", annonce-t-il au magistrat instructeur, tout en niant une préméditation. Le sexagénaire a ensuite reconnu avoir démembré le corps et caché les morceaux. 

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