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Charente-Maritime : la jeune fille de 25 ans séquestrée à Bignay se livre

Gaëlle, 25 ans, a été séquestrée pendant 3 ans et doit maintenant se reconstruire / © Laurence Couvrand / France Télévisions
Gaëlle, 25 ans, a été séquestrée pendant 3 ans et doit maintenant se reconstruire / © Laurence Couvrand / France Télévisions

Par Pascal Foucaud

C’était en août dernier : Gaëlle réussit à se libérer de l’emprise de sa mère et de sa sœur, en Charente-Maritime. Elle était retenue près de Saint-Jean-d’Angély, à Bignay (Charente-Maritime) pendant trois ans. La jeune femme accepte d’évoquer avec nous cette séquestration.

Retour à une vie habituelle

Lorsque notre équipe rencontre la jeune fille, elle s’exprime clairement. Ses propos sont en revanche saccadés. L’expression de son visage révèle aussi plusieurs tics nerveux. Pour elle, l’objectif reste de retrouver une vie normale. « Je veux d’abord m’installer dans un appartement, dans une ville qui me correspond. Je souhaite ensuite faire des études, une formation ou trouver un travail », nous dit la jeune femme. Une association l’accompagne dans cet objectif. Seule condition pour la jeune femme de 25 ans : accepter une aide thérapeutique. Gaëlle ne veut pas en entendre parler.

« Tremplin m’a payé quelques jours d’hôtel. J’attendais le renouvellement de ma prise en charge là-bas. Mais le commissariat est monté dans ma chambre, pour me dire que je devais aller à l’hôpital. Je leur ai indiqué ne pas en avoir besoin. J’avais déjà fait un diagnostic avec le psychiatre. Je suis déjà allée à l’hôpital, mais ils m’ont dit qu’il faut que j’y aille maintenant et que ce n’est pas facultatif », explique-t-elle.

Malgré l’épreuve de la séquestration et « trois semaines à l’hôpital », elle estime avoir retrouvé ses capacités : « Je peux vraiment me débrouiller, être autonome : j’ai passé quatre jours à l’hôtel, toute seule. Je venais ici dans cet hôtel, je prenais le bus, je retournais en ville. Je revenais, je marchais, je faisais mes courses. Je n’ai pas besoin d’hospitalisation médicale ou psychologique ». Pourtant, selon nos informations, les hôtels où elle a séjourné indiquent avoir retrouvé les chambres dans un état dégradé.

Un logement en ville

Autre point important pour la jeune fille, être logée en ville. C’est là que la situation se complique : « Les assistantes sociales m’ont fait une seule proposition : Saujon. Je préfère aller dans une ville plus grande, qui me correspond et où je peux décider de faire des études, une formation ou travailler. En tant que séquestrée, je me sens restreinte dans cette ville ». Elle refuse de se rendre à Saujon (Charente-Maritime).

« J’ai payé l’hôtel par moi-même, pendant quatre jours, avec la pension alimentaire de mon père. J’ai payé le taxi, parce qu’il n’y avait plus de cars à l’heure de mon retour à l’hôtel, et la nourriture. Suite à cela, je n’avais plus d’argent », indique Gaëlle.

Les pouvoirs publics incertains

Côté institutionnels, la situation de Gaëlle est complexe. La mairie de Saintes, comme le Parquet de la ville ne souhaitent pas s’exprimer sur la situation, pour le moment.

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