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Affaire Fiona. Procès en appel du couple Bourgeon/Makhlouf - relire notre minute par minute (lundi 29 janvier)

Après un premier procès en appel qui avait tourné au fiasco à l'automne, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ont de nouveau rendez-vous devant la cour d'assises de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, à partir du lundi 29 janvier. Ils sont jugés pour la mort de Fiona, en mai 2013. En première instance, la mère de la fillette (5 ans au moment de sa disparition) avait été condamnée à 5 ans de prison pour avoir menti pendant des mois en parlant d'un enlèvement de l'enfant. Berkane Makhlouf, son ex-compagnon, avait écopé de 20 ans de réclusion pour avoir porté des coups fatals à Fiona. Le verdict est attendu pour le 9 février.

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LES DERNIÈRES INFOS - Mis à jour le 30/01/2018 à 09:22

    L'audience est suspendue pour la journée.

    Il est 20h25, le président ajourne l'audience au lendemain. Demain matin sont prévus les témoignages de proches de Berkane Makhlouf, soit le même planning qu'en octobre 2017. Merci d'avoir suivi ce direct en notre compagnie, et nous vous donnons rendez-vous à 9 heures demain pour la suite des débats.

    “La décision du juge des enfants de déclarer que Berkane Maklouf n'est pas en danger est irresponsable. En 1997, il est en pleine desocialisation du fait des drogues qu'il consomme.”

    Me Khanifar tente de faire comprendre que son client aurait pu être pris en charge dans sa jeunesse

    “Avec le recul, je pense que j'aurais dû saisir les perches que l'on me tendait.”

    Berkane Makhlouf, interrogé par son conseil, Me Khanifar

    Me Schott, avocat de Berkane Makhlouf, questionne son client

    Me Schott souligne la dureté de la jeunesse de son client. Il rappelle que sa mère a été mariée de force à 14 ans, le quartier des Bords de Loire à Nevers où il a grandi est un quartier peu fréquentable, qu'il souhaitait sauter pas les fenêtres à l'âge de huit ans.

    - Vous preniez de la drogue à huit ans?
    - Non, non.
    - Bon. Vous estimez avoir été soigné étant jeune, alors que votre mère avait signalé votre comportement ?
    - Non.
    - (...) Malgré toutes les bêtises lorsque vous étiez jeune, vous êtes toujours passé entre les mailles, vous n'avez jamais été condamné?
    - Non.
    - Et bien c'est dommage. Est-ce que plus grand, vous avez cherche à vous soigner? Quel plaisir vous recherchiez à travers la drogue?
    - Bah c'est addictif. C'était source d'oubli, c'était pour oublier mes problèmes.

    Berkane Makhlouf questionné par une des avocats de Nicolas Chafoulais

    - Malgré ses quatre ans de séparation, vous avez toujours des sentiments pour Cécile Bourgeon?
    - Pas de l'amour, je pense pas. Mais des sentiments oui, on a eu une histoire ensemble, on a eu une vie de famille ensemble, c'est la mère de mon fils...
    - Si vous sortez de prison, vous considèrerez reprendre une relation avec elle?
    - Non, non, je ne pense pas. Je vais essayer de garder des bons termes avec elle pour mon fils, mais je ne tenterais pas de reconstruire une histoire avec elle.

    Me Fribourg (avocat de Nicolas Chafoulais) questionne l'accusé

    - Comment vous expliquez que votre mère ai parlé de violences à son égard?
    - Je ne me l'explique pas, je ne comprends pas...
    - Votre mère c'est sacré?
    - Oui.

    Dialogue de sourd entre Berkhane Makhlouf et Me Constantino sur la cocaïne

    -M. Makhlouf, vous déclariez consommer 5 grammes de cocaïne par jour.
    - Oui, enfin au plus fort. Je consommais pas ça tous les jours.
    - Mais à quelle période vous aviez cette consommation?
    - Pardon?
    - A quelle période consommiez-vous 5 grammes de cocaïne par jour?
    - Je sais pas.
    - Vous consommiez ça pendant la période qui nous intéresse?
    - Quelle période?
    - Pourquoi êtes vous là devant nous, M. Makhlouf?
    - Euh... Vous parlez de la période où j'étais avec Cécile?
    - Voilà.
    - Oui, j'ai pu consommer ça quand j'étais avec elle.
    - En 2013, M. Makhlouf, le cours de la cocaïne s'élevait à 70 euros le gramme. Donc cela veut dire que vous pouviez sortir 10 000 euros chaque mois pour assurer votre consommation?
    - Euh..
    - Vous parliez de 450 grammes que vous vous procuriez grâce à des Guadeloupéens. Donc on parle de 30 000 euros dont on vous faisait crédit. Vous n'exagéreriez pas votre consommation de drogue?
    - Non, non. A Nevers, à l'époque, je pouvais sortir ça chaque mois.

    L'avocat général question Berkane Makhlouf

    -L'avocat général : "Lorsque vous aimez une femme, on s'aperçoit que vous perdez rapidement confiance en elle."
    - Berkane Makhlouf : "J'ai eu des relations de longue durée, je suis resté 5 ans avec elle..."
    - "Mais très vite, vous soupçonnez votre compagne de vous tromper.
    - "Oui, elle l'avait fait."
    - "Virginie avait déclaré que si elle se droguait, vous vous seriez énervé."
    - "Oui, j'aurais pas voulu qu'elle gâche aussi sa vie."
    - "Virginie a confirmé que vous ne l'aviez jamais incitée à consommer, parce que vous n'aimiez pas "les filles comme ça." C'est un peu péjoratif, qu'auriez vous fait si elle consommait des stupéfiants?"
    - "Ca m'aurait pas plu."

    Berkane Makhlouf est très confus, a des trous de mémoire. Il peine à tenir debout.

    Le comportement de Berkane Makhlouf en prison

    Selon l'administration pénitentiaire, les violences et menaces de Berkane Makhlouf reposent principalement sur le fait qu'il pense ses repas empoisonnés par les personnels des cellules d'isolement des prisons de Moulins-Yzeure ou de Villefranche-sur-Saône. Il se décrit comme persécuté. Ces comportements ont cessé en 2014. Cependant , à travers des sorties telles que "Ils ne la retrouveront jamais, les recherches ont été faites à l'envers, nous on l'a enterrée Fiona," l'accusé cherche à se mettre en valeur vis-à-vis de ses codétenus en faisant croire qu'il peut manipuler la justice dans l'affaire dans laquelle il est accusé.

    Le transfert à Lyon-Corbas de Berkane Makhlouf

    Transféré à Lyon-Corbas en février 2014, il n'effectue que des séjours en isolement. Le personnel note cependant que l'hygiène s'améliore chez l'accusé. Un codétenu affirme avoir entendu Berkane Makhlouf avouer qu'il avait "enterré Fiona" lors de son séjour à Lyon. Chose que confirme l'accusé dans le box.

    Le transfert à Villefranche-sur-Saône

    Incarcéré ensuite à Villefranche-sur-Saône (2013), il se fait remarquer pour des insultes et menaces à l'égard du personnel, des plaintes sur l'attente de la délivrance de son traitement de substitution, sur la nourriture, d'un présupposé blocage de son courrier.

    Berkane Makhlouf en prison

    Lors de son incarcération à Moulins, Berkane Makhlouf se fait remarquer par ses plaintes à l'encontre du personnel et des repas, par des insultes et des violences, deux fois à l'aide d'une fourchette et d'une arme artisanale fabriquée avec un rasoir. Il fait plusieurs séjours en cellule disciplinaire.

    Berkane Makhlouf ne tient pas debout

    Le père de Virginie, après avoir eu de bonnes relations avec l'accusé, a conseillé à sa fille de laisser tomber cette relation. Il raconte un épisode où Berkane Makhlouf, sous l'effet de stupéfiants, avait mimé se trancher les veines après avoir brisé une vitre à son domicile.

    Lorsque Virginie a voulu rompre avec l'accusé, celui-ci lui envoyait des messages de menaces. Ils se sont ensuite remis ensemble.

    Les relations de Berkane Makhlouf avec les femmes

    Pendant sa relation avec Virginie, Berkhane Makhlouf a connu Stéphanie. Virginie ne consommait pas de drogues, ils avaient tous les deux le projet de fonder une famille. La deuxième relation est tumultueuse, Stéphanie le quitte en laissant une lettre. "J'ai pas assuré" déclare-t-il à propos de l'une, "Je regrette de l'avoir connue" pour la seconde.

    Pour Virginie, Berkane Makhlouf est devenu violent avec elle lorsqu'il s'est mis à régulièrement consomment de la cocaïne (2008) Selon l'accusé, son changement de comportement était dû au fait qu'elle l'avait trompé. Il devient paranoïaque, accuse sa copine de lui mentir lorsqu'elle lui annonçait qu'elle rentrait du travail.

    “[Avec Virginie] il y a eu des hauts et des bas. Lorsque j'ai été incarcéré, elle n'a pas supporté. [le président évoque les relations extraconjugales de sa copine]. J'ai pas supporté. Mon estime pour elle a baissé.”

    Berkane Makhlouf, interrogé par le président sur ses premières relations

    Les rentrées d'argent de Berkane Maklouf

    L'accusé a commencé à consommer des stupéfiants en 6e. Il fumait alors trois joints par jour. Un peu plus âgé, il consommait "5 grammes de cocaïne par jour, 2 grammes minimum d'héroïne". Pour payer sa consommation, il dealait. "Je recevait de la cocaïne pure de Guadeloupe, j'en commais la moitié et je revendait l'autre," raconte-t-il. "Le RSA, je faisais un semaine avec."

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